Le PPE vise le poste de commissaire à l'Agriculture, selon le responsable de la politique agricole du parti

La présidence de la commission de l’Agriculture et du Développement rural (AGRI) du Parlement européen reviendra aux Conservateurs, selon Herbert Dorfmann (PPE), mais son parti vise le poste de commissaire à l’Agriculture.

EURACTIV.com
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Herbert Dorfmann est eurodéputé depuis 2009. [[EUROPEAN UNION]]

La présidence de la commission de l’Agriculture et du Développement rural (AGRI) du Parlement européen reviendra aux Conservateurs, selon Herbert Dorfmann, l’actuel coordinateur du Parti populaire européen (PPE) pour l’agriculture, mais son parti vise le poste de commissaire à l’Agriculture.

M. Dorfmann était le coordinateur pour l’agriculture du PPE lors de la dernière législature. Pour cette nouvelle législature, « nous verrons la semaine prochaine » s’il reprendra ce rôle, lorsque les groupes politiques formeront les commissions, et en nommeront les présidents et les coordinateurs respectifs.

Les compétences techniques et l’expérience politique de cet agronome italien de 55 ans,  eurodéputé du Südtiroler Volkspartei (PPE) depuis 2009, font de lui un candidat de poids pour la poursuite de cette fonction.

Il est toutefois certain qu’il ne briguera pas la présidence de la puissante commission AGRI au Parlement européen, car celle-ci « reviendra au groupe CRE [Conservateurs et Réformistes européens] », a déclaré M. Dorfmann à Euractiv.

L’année dernière, le PPE s’est repositionné comme le « parti des agriculteurs », visant le poste de commissaire à l’Agriculture.

« Je l’ai dit à Ursula von der Leyen la semaine dernière et je pense qu’elle en comprend l’importance », a-t-il expliqué. Il a rencontré la présidente sortante de la Commission européenne lors de la convention du PPE à Cascais, au Portugal.

Au cours de cette conversation, l’eurodéputé a appelé à « une politique agricole qui rende l’agriculture à nouveau attrayante en Europe, en particulier pour les jeunes, et qui permette aux agriculteurs de gagner un revenu adéquat », avec des interventions « nécessaires sur la chaîne de valeur alimentaire ».

Ursula von der Leyen a consacré une grande partie de son discours à Cascais à l’agriculture, a ajouté M. Dorfmann.

Pas de coalition avec les Verts

La semaine prochaine, Ursula von der Leyen devrait passer le « test » de confirmation du Parlement européen. « Il y a déjà une majorité », a déclaré M. Dorfmann, faisant référence au besoin éventuel de la présidente sortante de consolider et d’augmenter les chiffres de la majorité PPE-S&D-Renew.

Il y a deux façons d’y parvenir : gagner des voix auprès des Verts ou des CRE.

« Personnellement, je pense qu’elle ne devrait pas chercher le soutien des Verts, car cela signifierait que nous nous retrouverions dans la même situation que par le passé », lorsque la Commission « semblait avoir négligé l’agriculture » pour se concentrer sur les politiques environnementales, « sans prendre en compte les agriculteurs ».

« La méthode doit changer », a ajouté M. Dorfmann.

Pas de nouvelles commissions au PE

En ce qui concerne la scission de la commission de l’Environnement, de la Santé publique et de la Sécurité alimentaire (ENVI) en un organe dédié à la santé et un autre à l’environnement — présentée comme imminente et réalisée à 90 % par son collègue Peter Liese la semaine dernière — l’eurodéputé sud-tyrolien est catégorique : il n’y aura pas de changement, « pour l’instant ».

Les socialistes se sont opposés à cette décision et le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) a écrit une lettre aux groupes politiques du Parlement pour les prévenir que la scission de la commission ENVI était en contradiction avec la démarche « One Health », qui relie les politiques environnementales à celles de la santé publique.

« Réunir les compétences en matière d’alimentation, de santé et d’environnement au sein d’une même commission est la bonne décision », a déclaré le directeur général du BEUC, Agustín Reyna, dans un communiqué.

« Il s’agit de changements que les groupes politiques peuvent effectuer quand ils le souhaitent, s’ils trouvent un accord », a expliqué M. Dorfmann. Dans les 5 à 10 prochains jours, « nous ne pourrons pas le faire, nous déciderons des présidents et des vice-présidents, sur la base de la structure traditionnelle, qui ne changera pas », a-t-il ajouté.

Aujourd’hui, mardi (9 juillet), Peter Liese a publié un communiqué de presse confirmant qu’il n’y aura pas de scission au sein de la commission ENVI.

[Édité par Anna Martino]