Le Portugal est sur la bonne voie, pas besoin d'un second renflouement

  Le Portugal progresse dans la mise en œuvre des réformes qui devraient remettre ses finances à flot. Il devrait être en mesure de revenir sur les marchés en 2013 comme prévu, a fait savoir la Commission européenne hier (3 avril).

EURACTIV.com / Reuters
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Le Portugal progresse dans la mise en œuvre des réformes qui devraient remettre ses finances à flot. Il devrait être en mesure de revenir sur les marchés en 2013 comme prévu, a fait savoir la Commission européenne hier (3 avril).

Le Portugal a bénéficié d'un renflouement de 78 milliards d'euros sur trois ans de la part de l'Union européenne et du Fonds monétaire international l'an dernier après que ses coûts de l'emprunt ont atteint des niveaux insoutenables. Les marchés s'inquiétaient en effet de l'énorme dette du pays et de son faible taux de croissance dû à une compétitivité médiocre.

Certains investisseurs craignent toujours que le Portugal doive suivre le chemin de la Grèce et requérir un second renflouement, ce qui pourrait impliquer de lourdes pertes pour les créanciers du secteur privé.

« Le programme est globalement en marche. L'ajustement budgétaire de 2011-2012 est remarquable à bien des égards », peut-on lire dans le troisième rapport de la Commission sur les progrès du Portugal en matière de réformes.

Les versements des différentes tranches du prêt accordé par les bailleurs de fonds internationaux dépendent du respect par Lisbonne d'une série d'objectifs de réformes. Cette fois-ci, la Commission, qui a examiné la situation de Lisbonne avec le FMI et la BCE, a salué les progrès du pays.

« Le Portugal s'est extraordinairement bien conformé à ses objectifs », a affirmé un fonctionnaire de la Commission sous le couvert de l'anonymat lors de la présentation du rapport.

Quant à l'éventualité que le Portugal demande un second renflouement s'il ne parvient pas à revenir sur les marchés, ce fonctionnaire a déclaré :

« Selon nous, ce programme est suffisant. Reste à savoir si le Portugal pourra convaincre les marchés, bien sûr. »

« Pour le moment, nous voyons que le programme fonctionne et il devrait permettre au Portugal de revenir sur les marchés en 2013 », a-t-il expliqué. Il a fait remarquer que les rendements obligataires portugais avaient déjà baissé sur les marchés secondaires grâce à ses bons résultats.

Ses rendements obligataires à dix ans ont chuté à 11,8 % contre 17,4 % fin janvier.

Perspectives moroses

La Commission a toutefois affirmé que des risques et des défis importants demeuraient, citant une éventuelle hausse supplémentaire du chômage au-delà des prévisions actuelles qui annoncent un taux de 14,4 % en 2012. Eurostat a révélé lundi (2 avril) que le taux de chômage avait atteint le niveau record de 15 % en février dans le pays.

Les projections des prêteurs annoncent quant à elles une légère baisse du chômage l'an prochain à 13,9 %.

Le Portugal vit sa pire récession depuis les années 1970. Le gouvernement et les créanciers s'attendent à une contraction de 3,3 % cette année et à une faible croissance de 0,3 % en 2013. La Banque du Portugal prévoit quant à elle une contraction de 3,4 % cette année et une croissance nulle en 2013.

Interrogé sur ce qu'il se passerait si le Portugal ne revenait pas sur les marchés en 2013, le fonctionnaire a répondu :

« Nous ne nous y préparons pas pour le moment, car cela ne fait pas partie de nos prévisions. S'il est nécessaire d'envisager cette éventualité, nous le ferons. Les chefs d'Etat et de gouvernement se sont engagés de manière générale à continuer, si nécessaire, de financer les pays sous le coup d'un programme d'aide, à condition que ce programme soit respecté. »

Dans son rapport, la Commission a expliqué que la réduction nécessaire du levier d'endettement du secteur financier au Portugal progressait et que les réformes du marché du travail et des produits visant à accroître la compétitivité et à encourager la croissance et la création d'emplois avançaient également.