Le plan Juncker démarre en France
Alors que les négociations à Bruxelles se poursuivent, 200 millions d'euros seront débloqués en France le 15 mai pour financer les PME innovantes.
Alors que les négociations à Bruxelles se poursuivent, 200 millions d’euros seront débloqués en France le 15 mai pour financer les PME innovantes.
Le coup d’envoi du plan Juncker a été donné le 12 mai à Paris, à l’occasion de l’annonce de la mise en place d’une enveloppe de prêts de 420 millions d’euros pour les entreprises innovantes en France.
Pas encore né sur le papier, le plan Juncker qui doit débloquer 315 milliards d’euros pour relancer l’investissement en Europe est toujours en discussion entre les institutions européennes (conseil, Commission et Parlement) et attend le feu vert des eurodéputés, qui doivent se prononcer au mois de juin.
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Mais l’opération financière annoncée à Paris n’a pas attendu. « Il s’agit de la première signature de préfinancement du plan Juncker », soutient Ambroise Fayolle, vice-président du groupe BEI. Une façon pour les institutions financières de donner vie au projet avant même son adoption.
Cette opération, fruit d’un accord entre le Fonds européen d’investissement (FEI) et la Banque publique d’investissement française, Bpifrance permet d’octroyer 200 millions d’euros de garanties à la banque publique française, ce qui lui permettra d’augmenter de 420 millions d’euros sur deux ans les prêts qu’elle octroie aux start-up françaises. Les crédits seront disponibles dès le 15 mai.
Mise en œuvre rapide
Bpifrance pourra ainsi distribuer 320 millions d’euros, qui seront garantis à hauteur de 50 % par le FEI, visant à faciliter le lancement industriel et la mise sur le marché d’innovations de PME et d’entreprises de taille intermédiaire (moins de 500 salariés).
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Les 100 millions restant, garantis à hauteur de 40 % par le FEI, permettront de renforcer la structure financière des jeunes entreprises.
Un plan Juncker Plus ?
Pour le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, ce coup d’accélérateur est une condition sine qua non de la réussite du plan Juncker. Mais sur le long terme, les 315 milliards d’euros que le plan Juncker compte débloquer en faveur de l’investissement ne sont pas suffisants, a martelé le ministre.
« La France continue à porter l’idée qu’il faut arriver à mobiliser davantage d’argent pour soutenir l’investissement. C’est ce que j’appellerais un plan Juncker + » a expliqué le ministre.
Pour développer l’investissement au niveau européen, le ministre a clairement manifesté sa préférence pour la création d’une capacité d’endettement commune aux pays européens. « Augmenter le budget européen ou prélever une taxe commune, ce serait long et compliqué à mettre en œuvre. Il faudrait une capacité d’endettement commune au niveau européen » a-t-il poursuivi, même si cette option ne peut s’inscrire que sur le « long-terme » reconnait Emmanuel Macron.
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Pour l’heure, le plan s’appuie sur 5 milliards d’euros de la Banque européenne d’investissement (BEI) et la garantie d’une contribution de 8 milliards d’euros de fonds européens, prélevés sur des programmes européens existants : le mécanisme pour l’interconnexion en Europe (3,3 milliards), le programme de recherche Horizon 2020 (2,7 milliards) et 2 milliards provenant de fonds non utilisés.
Une redistribution des fonds européens qui fait grincer des dents du côté du Parlement, qui souhaite une véritable additionnalité budgétaire. Et complique les discussions interinstitutionnelles.
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« Cette première signature anticipée d’un projet labellisé Plan Juncker en France, ne doit pas nous éloigner de l’essentiel. À savoir, les négociations qui ont lieu en ce moment entre le Parlement européen, la Commission européenne et l’eurosceptique Conseil sur les sources de financement de ce plan » prévient Dominique Riquet, député européen UDI.