Le plan Juncker dans les starting-blocks
Après des négociations compliquées, les eurodéputés ont ouvert la porte au lancement du Plan Juncker, en validant le 24 juin le fonds européen d'investissement stratégique.
Après des négociations compliquées, les eurodéputés ont ouvert la porte au lancement du Plan Juncker, en validant le 24 juin le fonds européen d’investissement stratégique.
Le règlement donnant naissance au fonds européen d’investissement stratégique (FEIS), le bras armé de plan Juncker, a été adopté le 24 juin en session plénière par le Parlement européen réuni à Bruxelles, à la plus grande satisfaction des eurodéputées.
Présenté par Jean-Claude Juncker en janvier, le plan doit permettre de susciter des investissements de 315 milliards d’euros au sein de l’Union européenne, afin de soutenir des projets innovantes victimes de la frilosité des investisseurs.
Le FEIS, son bras financier, recevra 16 milliards d’euros de garanties de la part de Bruxelles et 5 milliards de la Banque européenne d’Investissement. L’effet multiplicateur attendu de cette capacité totale de 21 milliards d’euros devrait permettre de générer les 315 milliards d’euros.
« Nous saluons la proposition de Jean-Claude Juncker qui va dans la bonne direction, même si au début les États membres étaient réticents pour participer à ce fonds, il permettra de créer de l’emploi et représente une chance pour les PME » s’est félicité le rapporteur social-démocrate allemand Udo Bullman lors du débat précédent le vote.
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Ce vote marque la fin de plusieurs mois de négociations musclées entre les institutions européennes sur les objectifs, la gouvernance et le financement de ce plan, qui concentre les espoirs d’un début de relance au sein de l’Union européenne.
Fin du bras de fer
L’adoption du règlement du FEIS marque la fin du bras de fer qui a opposé le Parlement et la Commission européenne. Car si le soutien au Plan Juncker était large, ses modalités ont rapidement fait tiquer du coup de Strasbourg. Les parlementaires critiquant notamment l’affectation de 6 milliards d’euros déjà affectés au programme de soutien à la recherche Horizon 2020 (2,7 milliards) ainsi qu’au mécanisme d’interconnexion européen (3,3 milliards), consacré à l’investissement dans transports et aux réseaux européens.
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Un non-sens, selon les élus européens, qui ont finalement réussi à atténuer, en négociant un financement empiètent moins sur les deux programmes.
« Merci aux deux rapporteurs qui ont été des négociateurs redoutables. Mais du coup, nous avons obtenu des résultats concrets et en temps record. Nous créons ainsi un meilleur climat pour l’investissement en Europe » a déclaré Jyrki Katainen, le vice-président de la Commission européenne en charge de l’investissement.
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Les concessions obtenues n’ont cependant pas fait taire toutes les critiques. « Je défends un vrai plan d’investissement, qui se bat contre le chômage et contre le réchauffement climatique. Le plan Juncker n’est pas un plan d’investissement, c’est un plan de communication » a déploré l’eurodéputé vert français Pascal Durand.
Pas de fléchage
Le fléchage du plan Juncker, que l’exécutif européen a souhaité laisser très ouvert afin de favoriser la sélection de projets stratégiques et éviter les rigidités, a également mécontenté une partie de l’hémicycle.
« Nous avons gagné sur la mobilité urbaine ou sur la rénovation thermique des bâtiments, mais clairement, ce plan Juncker reste bien trop faible. Même notre proposition de consacrer au moins 5 milliards d’euros à un plan européen d’économie d’énergie a été jugé trop « politique » » a regretté Karima Delli, eurodéputé écologiste française.