Le plan de sauvetage de la zone euro se met en place
Les ministres des finances de la zone euro ont approuvé différentes options pour le renforcement du Fonds européen de stabilité financière (FESF), bien que les détails de ces mesures restent flous quant à l'implication du Fonds monétaire international et de la Banque centrale européen dans les futurs programmes de renflouement.
Les ministres des finances de la zone euro ont approuvé différentes options pour le renforcement du Fonds européen de stabilité financière (FESF), bien que les détails de ces mesures restent flous quant à l'implication du Fonds monétaire international et de la Banque centrale européen dans les futurs programmes de renflouement.
Le directeur général du FESF, Klaus Regling, a rapporté aux ministres des finances de la zone euro que le fonds avait suscité une réponse positive des marchés, mais qu'il était impossible, à l'heure actuelle, de donner des chiffres exacts quant aux sommes qui pourraient être levées.
« Nous n'avons pas revu nos ambitions à la baisse, mais les conditions ont changé, ce sera donc sans doute moins de 1000 milliards d'euros », a expliqué Jean-Claude Juncker, le ministre luxembourgeois des finances qui dirige l'Eurogroupe. C'est le chiffre de 750 milliards d'euros qui circule à présent.
La perspective d'une implication du FMI dans le fonds de sauvetage reste également confuse, suite à une réunion où les ministres des finances ont fermement démenti les rumeurs selon lesquelles la Banque centrale européenne (BCE) interviendrait dans le plan de sauvetage de la zone euro.
Quel rôle pour le binôme FMI – BCE ?
Après la réunion, le commissaire aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a répété que l'Eurogroupe souhaitait que le FMI soit impliqué dans le renflouement « par le biais de prêts bilatéraux ou d'investissements ».
A propos du mode d'accès aux prêts bilatéraux des Etats membres de la zone euro par le biais du FMI, M. Rehn a déclaré : « C'est un aspect que nous devrons aborder avec le FMI et nous sommes en train de consulter les Etats membres ».
M. Juncker a reconnu que l'utilisation des ressources du FMI via des prêts bilatéraux représentait un moyen d'augmenter la puissance de feu du FESF.
Selon certaines rumeurs, la Banque centrale européenne pourrait jouer le rôle de négociateur lors de tout recours au FMI et de médiateur lors des transferts au sein de la zone euro.
M. Rehn a cependant assuré qu'il n'avait pas envisagé ce genre de projet institutionnel jusqu'à présent. En effet, le rôle potentiel de la BCE n'a aucunement été évoqué après les réunions, malgré les rumeurs persistantes affirmant que l'Allemagne avait enfin lâché du lest sur sa position.
Selon certains commentateurs, ce silence indiquerait une issue prochaine. Sony Kapoor, le directeur général du groupe de réflexion Re-Define, a quant à lui déclaré : « La décision des acteurs politiques européens d'arrêter d'appeler publiquement la BCE à s'impliquer davantage signifie probablement que celle-ci le fera. Même si l'on en sait peu sur les modalités ou le calendrier de ce soutien renforcé de la BCE, ce jour fatidique approche. »
Il est clair que tout engagement de la BCE dépendra de la nature de la consolidation budgétaire et de la question épineuse de la modification des traités nécessaire à ce renforcement. Ces questions seront abordées en amont de la réunion des chefs d'État européens le 9 décembre.
Une Europe à trois vitesses
L'éventuelle modification du traité pourrait être présentée sous trois formes différentes lors de ce sommet : l'adoption de la modification par les 27 États membres de l'UE, par les 17 pays membres de la zone euro, ou même par un groupe restreint de pays de la zone euro, dans l'hypothèse où des Etats comme la Finlande ou l'Irlande ne parviendraient pas à imposer cette intégration budgétaire difficile à leur population, qui se montre de plus en plus sceptique.
L'option privilégiée par la France et l'Allemagne (celle qui sera donc probablement choisie) sera clarifiée d'ici la fin de la semaine. Le président français, Nicolas Sarkozy, devrait en effet prononcer un discours crucial sur les questions européennes demain à Toulon. La chancelière allemande, Angela Merkel, devrait quant à elle prononcer un discours tout aussi important vendredi matin, en s'adressant au Bundestag allemand.
Précisions sur les leviers du FESF
Dans un communiqué, le FESF a fourni des détails quant aux deux programmes actuellement examinés pour augmenter la puissance de feu du fonds.
- Le premier consisterait à assurer une tranche de 20 à 30% des nouvelles obligations émises par les pays en difficulté de la zone euro.
- Le second programme porterait sur la création de fonds de coinvestissement permettant à des investisseurs publics et privés d'intervenir dans le FESF.
Selon M. Regling, le fonds serait prêt à appliquer un effet de levier dans ces conditions à partir de janvier prochain.
L'Eurogroupe approuve la politique et les tranches d'aide
Dans le même temps, l'Eurogroupe a accepté les prochaines tranches d'aide pour la Grèce et l'Irlande.
Le groupe a félicité Dublin pour le succès de l'application de son programme d'ajustement. Les résultats concluants de l'Irlande permettent à l'UE de débloquer la prochaine tranche d'aide financière de 8,5 milliards d'euros, qui sera versée en janvier, comme prévu.
M. Juncker a également salué la déclaration écrite du premier ministre grec, Lucas Papademos, et des partis de l'opposition, confirmant leur détermination à mettre en œuvre le programme présenté lors du dernier sommet de la zone euro, le 26 octobre.
La prochaine tranche d'aide à la Grèce sera versée en décembre après l'approbation finale du Fonds monétaire international au début du mois, a déclaré M. Juncker.
Le premier ministre luxembourgeois a également affirmé que le groupe avait une « confiance absolue » dans les priorités politiques du nouveau premier ministre italien, Mario Monti. Il a également félicité la Belgique pour son élaboration de budget détaillée, même s'il a ajouté que ce budget devrait également être examiné par l'Eurogroupe.