Le plan de relance allemand pourrait être un modèle pour la France, selon une étude

A la veille du point d’étape de Patrick Devedjian sur le plan de relance français, mardi 24 mars, l’Institut Thomas More publie une étude comparative avec cinq pays européens, intitulée «Que peut encore faire la France face à la crise ? ».

A la veille du point d’étape de Patrick Devedjian sur le plan de relance français, mardi 24 mars, l’Institut Thomas More publie une étude comparative avec cinq pays européens, intitulée «Que peut encore faire la France face à la crise ? ».

« La France doit impérativement cibler ses mesures et bien définir ses priorités. » C’est la principale conclusion de l’étude menée par Alexandra Roulet pour l’Institut Thomas More. Rendue publique le 23 mars, cette recherche compare les politiques de relance de la France et de cinq de ses voisins pour dégager « d’éventuelles mesures complémentaires face à la crise. »                                                     

En décembre 2008, le gouvernement avait pris le parti de favoriser les investissements. Depuis les mouvements sociaux du 29 janvier et du 19 mars, provoqués par l’augmentation constante des chiffres du chômage (4,6% de plus en janvier par rapport à décembre) et la baisse du pouvoir d’achat (en baisse de 0,9% en décembre), ce choix est de plus en plus contesté.  

Sur le montant total de 28,6 milliards d’euros du plan de relance, 77% sont injectés dans les investissements, 5% dans l’emploi et 18% dans l’aide à la consommation.

Selon l’étude, le gouvernement britannique consacre quant à lui 62,5% des 23,5 milliards d’euros à la consommation, contre 47,8% aux investissements et 5,2% à l’emploi. Il est par ailleurs le seul des cinq à appliquer, dans le cadre de son plan de relance, une TVA à taux réduit.

L’Espagne et l’Italie consacrent respectivement 73 et 72 % de leurs plans aux investissements. Compte tenu de son fort taux de chômage (11,3%), l’Espagne est la seule à avoir choisi d’augmenter le revenu minimum (actuellement de 600 euros).

Mais selon Alexandra Roulet, c’est l’Allemagne, qui, avec un « plan massif et équilibré (…) apparaît comme un modèle possible » pour la France. Berlin a choisi de partager les 82 milliards d’euros consacrés au plan de relance en consacrant 47,8% aux investissements, 20% à l’emploi, soit 15% de plus que la France, et 22% à la consommation.

 « L’avantage du panachage allemand tient au fait qu’il permet de jouer sur plusieurs horizons temporels(…) », comme la baisse de l’impôt sur le revenu pour les ménages modestes et la baisse des charges sociales pour protéger l’emploi, précise l’étude. Deux mesures applicables sur le court terme.

« La France pourrait très largement s’inspirer de cette idée  : cela inciterait les entreprises à recourir au chômage partiel (…) et freinerait donc l’augmentation du nombre de demandeurs d’emploi », estime Alexandra Roulet.

Protéger l’emploi

Budgétairement et socialement, la France ne peut pas se permettre de baser son plan de relance sur des investissements à long terme, qui s’inscrivent dans un processus long, explique Alexandra Roulet. Avant d’ajouter qu’il « convient de mettre en marche [ces investissements] au plus vite ». D’autre part, les mesures adoptées négligent « le problème principal auquel la France va se trouver confrontée dans les mois à venir  : l’emploi. »

Son plan de relance la mène déjà vers un déficit à 5,6%, largement supérieur aux 3% du PIB accordés par Bruxelles. La commission vient d’ailleurs d’engager une procédure contre Paris pour déficit excessif (EURACTIV.fr 18/02/2009).
« Compte tenu de cette faible manœuvre budgétaire, la France doit impérativement cibler ses mesures et bien définir ses priorités », poursuit Alexandra Roulet.

En conclusion, l’étude formule quatre recommandations :

  • Etendre les incitations à la création d’emploi pour parvenir à l’objectif annoncé de 150 000 emplois supplémentaires en France. 
  • Favoriser le chômage partiel, à l’instar du gouvernement allemand qui exonère de charges sociales les indemnités de chômage partiel.
  • Relancer la mise en œuvre du Grenelle de l’Environnement par le renforcement de l’efficacité énergétique.
  • Investir dans l’innovation pour répondre aux exigences de la stratégie de Lisbonne.