Le plafonnement du prix du gaz russe est "insuffisant" pour la Belgique

La ministre belge de l’Énergie, Tinne Van der Straeten, a appelé à adopter approche européenne « plus résolue » face à la crise énergétique, déclarant jeudi que la Belgique ne se contentera pas d’un plafonnement du prix du gaz russe.

/ Euractiv.com
Government press conference on aid measures following energy price increases
« Il est temps d’adopter une approche plus résolue », a déclaré la ministre belge de l'Énergie Tinne van der Straeten, a rapporté De Standaard jeudi.  [ EPA-EFE/FREDERIC SIERAKOWSKI/ ISOPIX / POOL]

La ministre belge de l’Énergie, Tinne Van der Straeten, a appelé à une approche européenne « plus résolue » de la crise énergétique, déclarant jeudi (8 septembre) que la Belgique ne se contentera pas d’un plafonnement du prix du gaz russe. 

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a dévoilé mercredi (7 septembre) un plan en cinq mesures visant à réduire les coûts de l’électricité pour les citoyens et les entreprises de l’UE ainsi qu’à contrer la manipulation du marché du gaz par le Kremlin.

La Commission a notamment proposé un plafonnement des prix du gaz russe uniquement, ce qui veut dire qu’il ne s’appliquerait pas au gaz provenant d’autres pays. Dans la mesure où la Belgique importe la majeure partie de son gaz de Norvège, le Premier ministre belge M. De Croo et la ministre de l’Energie Mme van der Straeten ont exprimé des doutes quant à l’efficacité de la proposition de l’exécutif européen pour le pays.

M. De Croo, qui avait précédemment souligné que seule une solution européenne pouvait résoudre la crise énergétique, a confié mercredi à Belga que « [un plafonnement du prix du gaz russe] ne suffira pas à faire baisser les prix ».

« Notre proposition est sur la table de la Commission et elle est très claire : un “cap” (plafonnement) sur l’ensemble des prix du gaz », a-t-il ajouté.

Mme von der Leyen n’a pas exclu cette option. « Elle est sur la table, nous l’examinons également », a-t-elle déclaré.

La Norvège — qui est devenue le premier fournisseur de gaz d’Europe et réalise des bénéfices sans précédent avec la guerre en Ukraine et la réduction des exportations de gaz russe vers l’UE — se montre plutôt réticente à un plafonnement du prix de ses exportations, faisant valoir la fiabilité de son approvisionnement.

Plafonnement généralisé

Mme Van der Straeten a déclaré sur Twitter que la proposition de la Commission avant le Conseil « Énergie » de demain était « insuffisante »

« Il est temps d’adopter une approche plus résolue », a-t-elle déclaré, a rapporté De Standaard jeudi. 

La ministre estime qu’un plafonnement du prix du gaz est « la solution la plus rapide pour réduire la facture énergétique de nos familles et de nos entreprises ».

Dans 16 États membres de l’UE, dont la Belgique, la facture énergétique annuelle moyenne des travailleurs faiblement rémunérés dépasse désormais un mois de salaire, selon une analyse récente pour la Confédération européenne des syndicats (CES). À titre de comparaison, en 2021, c’était le cas dans seulement huit États membres.

À l’occasion de la réunion des ministres européens de l’Énergie qui se tiendra ce vendredi, la Belgique fera donc pression pour un plafonnement général du prix du gaz importé en Europe, quelles que soient son origine et sa forme.

« Nous nous trouvons dans une tempête énergétique parfaite, avec des factures d’énergie exorbitantes, et cela inquiète bien sûr les familles et les entreprises. […] Ensemble, nous devons aussi le faire comprendre à la Commission européenne. C’est aux responsables politiques d’agir aujourd’hui. Nous ne voulons pas d’un cimetière économique en Europe », a déclaré le ministre lors d’un point de presse jeudi, rapporte De Morgen.

« Nous vivons une période exceptionnelle avec un marché irrationnel », a-t-elle ajouté.

Parallèlement, lors d’une réunion du cabinet restreint (ou « Kern ») du gouvernement fédéral en début de semaine, M. De Croo a présenté une proposition de forfait de base pour le gaz.

Ainsi, les ménages belges paieraient un prix fixe pour leur consommation de base de gaz et ceux qui consomment plus paieraient plus.

Le gouvernement souhaite que le système reste simple afin qu’il soit prêt pour l’hiver. Les détails de cette proposition doivent encore être précisés.