Le parti travailliste promet de tenir tête à Bruxelles
Lors du lancement de son manifeste de campagne à Manchester le 13 avril, le parti dirigé par Ed Miliband a promis de défendre les intérêts du Royaume-Uni au sein de l'UE. Mais reste opposé à l'idée du référendum proposé par David Cameron.
Lors du lancement de son manifeste de campagne à Manchester le 13 avril, le parti dirigé par Ed Miliband a promis de défendre les intérêts du Royaume-Uni au sein de l’UE. Mais reste opposé à l’idée du référendum proposé par David Cameron.
La présentation du manifeste de campagne du parti travailliste a mis de l’huile sur le feu du débat sur la place du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne, qui anime la campagne des élections législatives britanniques.
Le 13 avril, les travaillistes ont assureévouloir impliquer à nouveau le pays pleinement dans l’Union, après « cinq ans sur le banc d’essai ».
Pour les travaillistes, le conflit entre la Russie et l’Ukraine « prouve l’importance » de la coopération internationale et de l’adhésion à l’UE, essentielle à la « prospérité et sécurité » britanniques. Ils estiment les arguments économiques plus que suffisants, puisque tous les secteurs de l’économie bénéficient de l’appartenance du pays au marché unique.
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Réformes
Le manifeste énumère également les réformes que le parti tenterait de mettre en place dans l’UE, comme la nécessité d’une responsabilité budgétaire accrue au niveau européen, et notamment en ce qui concerne la politique agricole commune (PAC).
Le parti d’opposition entend également réformer les règles liées à l’immigration et à la sécurité sociale, et promouvoir des mécanismes permettant de « gérer le flux des travailleurs plus longtemps après l’adhésion de nouveaux pays » à l’UE.
Les travaillistes s’expriment aussi en faveur du système du « carton rouge », qui donne la possibilité aux États membres de s’allier pour bloquer une législation européenne.
En ce qui concerne l’adhésion du pays, le parti travailliste répète qu’il n’organiserait pas de référendum, sauf dans le cas où plus de pouvoir était transféré des États à Bruxelles.
Réactions
Les réactions des partis rivaux ne se sont pas fait attendre.
Staying in the EU is the best option for the UK. Today's manifesto reiterates that we will work to reform the EU to benefit all UK citizens.
— Glenis Willmott DBE (@GlenisWillmott) April 13, 2015
Tweet de Glenis Willmott, eurodéputée travailliste : La meilleure option pour le Royaume-Uni est de rester dans l’UE. Le manifeste lancé aujourd’hui répète que nous œuvreront à réformer l’UE dans l’intérêt de tous les citoyens britanniques.
Si les travaillistes clament que leur programme aidera les Britanniques qui travaillent dur, les conservateurs et les libéraux-démocrates ont attaqué leur plan de dépense avec virulence.
Les libéraux-démocrates estiment que le parti travailliste n’est pas honnête quant au montant que son gouvernement devrait emprunter.
Les conservateurs ont quant à eux qualifié de « dangereux » le programme travailliste. George Osborne observe qu’Ed Miliband « n’est pas parvenu à présenter un programme économique crédible ».
Lab Manifesto – nothing new but still dangerous: more spending, more borrowing and more tax #sameoldlabour #LabourManifesto
— CCHQ Press (@CCHQPress) April 13, 2015
Tweet du bureau de presse du parti conservateur : Manifeste travailliste – rien de neuf, mais toujours dangereux : plus de dépenses, plus d’emprunts et plus de taxes.
Pawel Swidlicki, analyste chez Open Europe, souligne pourtant les ressemblances des approches des partis britanniques en ce qui concerne l’UE.
« Dès que l’on dépasse la rhétorique, on se rend compte qu’il y a une forme de consensus entre les partis quant à la nature des réformes à mener en Europe », explique-t-il. « La plus grande différence entre les partis travailliste et conservateur réside dans leur stratégie : les conservateurs souhaitent une renégociation directe et brutale, qui s’appuie sur un référendum, alors que les travaillistes préfèrent une approche plus graduelle. »
« La promesse de David Cameron d’organiser un référendum sur l’appartenance du pays à l’UE ‘d’ici la fin de l’année 2017’ comporte des risques, mais elle a l’avantage d’obliger l’UE à se pencher sur les réformes proposées. Même avec une approche plus sensible aux exigences des autres États membres, le parti travailliste pourrait avoir du mal à obtenir des résultats concrets sans référendum », estime le spécialiste.
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