Le Parti pirate serait la troisième force politique d'Allemagne selon un sondage

  Selon un récent sondage en Allemagne, le Parti pirate, nouveau sur la scène politique, aurait le soutien de 13 % des électeurs, ce qui en ferait la troisième force du pays, devant les Verts à 11 %, La Gauche (Die Linke) à 8 % et les libéraux à 5 %. EURACTIV Allemagne a contribué à cet article.

EURACTIV.com
Sebastian Nerz German Pirate Party.jpg
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Selon un récent sondage en Allemagne, le Parti pirate, nouveau sur la scène politique, aurait le soutien de 13 % des électeurs, ce qui en ferait la troisième force du pays, devant les Verts à 11 %, La Gauche (Die Linke) à 8 % et les libéraux à 5 %. EURACTIV Allemagne a contribué à cet article.

Ce sondage, réalisé par Forsa pour la chaîne RTL, a montré que l'Union chrétienne-démocrate (CDU) de la chancelière, Angela Merkel, et son parti frère, l'Union chrétienne-sociale en Bavière (CSU) étaient soutenus par 36 % des électeurs, suivis par les sociaux-démocrates à 26 %.

Le Parti pirate (Piratenpartei Deutschland), une nouvelle force politique qui rassemble des militants pour la liberté de l'Internet et s'inspire du Piratpartiet suédois, a bouleversé la scène politique allemande en seulement quelques mois. Les pirates sont arrivés au parlement de la ville-Etat de Berlin avec près de 9 % des voix en septembre 2011. En mars, ils ont obtenu un score plus modeste aux élections législatives régionales dans la Sarre avec 7,4 % des suffrages.

Le Parti pirate allemand a été fondé en septembre 2006, juste après le Piratpartiet suédois. Ce parti suédois a remporté 7,13 % des voix lors des élections européennes de 2009 dans le pays et a donc obtenu deux sièges au Parlement européen : Christian Engström, qui été élu directement, et Amelia Andersdotter, qui l'a rejoint après la ratification du traité de Lisbonne qui a augmenté le nombre d'eurodéputés.

Sebastian Nerz, le dirigeant du Parti pirate allemand depuis mai 2011, est un bioinformaticien. Bernd Schlömer et Andreas Baum sont également des membres influents de ce mouvement.

Le principal créneau du parti est la vie privée sur Internet. Le Spiegel Online explique toutefois que le fait que le parti mise sur d'autres chevaux de bataille ne semble pas gêner ses électeurs.

Même s'il s'agit d'un jeune mouvement, le Parti pirate a déjà eu son lot de scandales et des chamailleries internes sur sa stratégie et sa direction. Son organisation de jeunes a été accusée d'avoir tenu des propos sexistes et l'un de ses membres les plus en vue, qui a quitté le parti depuis, a été condamné pour possession de matériel pédopornographique.

Selon Bloomberg, le Parti pirate allemand est anarchique et est habitué aux accords conclus à l'arraché après des démêlés venimeux sur Twitter. Ce parti compte parmi ses partisans des membres de la génération Facebook, du mouvement Occupy et de sites de partage de fichiers comme Pirate Bay.

Les autres partis politiques allemands regarderaient l'évolution de ce nouveau parti avec appréhension. Selon certains meneurs d'opinions, il prendrait doucement la place des Verts comme parti protestataire.

En amont des prochaines élections nationales pour le Bundestag en 2013, le Parti pirate sera confronté à d'autres scrutins régionaux : dans le Schleswig-Holstein le 6 mai et une semaine plus tard dans le Land le plus peuplé, la Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

Le mouvement pirate a également remporté des sièges au gouvernement local en République tchèque, en Espagne et en Suisse.

Le sondage de Forsa visait 2007 électeurs allemands et a eu lieu entre le 2 et le 4 avril avec une marge d'erreur de 2,5 points de pourcentage.