Le parti au pouvoir en Bulgarie renforce sa position

Le parti du premier ministre bulgare, Boïko Borissov, a remporté haut la main les élections présidentielles et locales hier (30 octobre). Les électeurs ont en effet soutenu son candidat à la présidence, Rossen Plevneliev, et voté en masse pour que la plupart des maires du pays soient issus des rangs du parti au pouvoir.

EURACTIV.com
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Le parti du premier ministre bulgare, Boïko Borissov, a remporté haut la main les élections présidentielles et locales hier (30 octobre). Les électeurs ont en effet soutenu son candidat à la présidence, Rossen Plevneliev, et voté en masse pour que la plupart des maires du pays soient issus des rangs du parti au pouvoir.

M. Plevneliev, le candidat du GERB (voir « Contexte ») a remporté 52,5 % des voix contre 47,4 % pour Ivailo Kalfin du Parti socialiste, alors que le comptage des bulletin était terminé à 98 %.

Le GERB, Mouvement de citoyens pour le développement européen de la Bulgarie, est parvenu à remporter la plupart des municipalités du pays lors des élections locales qui ont eu lieu en parallèle. Il a notamment pris le pouvoir à Sofia et à Plovdiv, les deux principales villes du pays.

M. Plevneliev a occupé le poste de ministre du développement régional et des travaux publics dans le gouvernement de M. Borissov. Avant que M. Borissov ne le désigne comme candidat à la présidentielle en septembre, M. Plevneliev se plaisait à dire qu'il n'était pas un homme politique. M. Plevneliev est un riche homme d'affaires qui détient l'une des premières entreprises de construction privées de Bulgarie et n'est pas officiellement affilié au GERB.

Lors de sa campagne, il a consciencieusement évité de se confronter aux autres candidats au cours de divers débats et s'est borné à répéter des généralités lors de ses apparitions publiques. Ses détracteurs affirment qu'il n'a pas idée du rôle que devrait jouer un président et qu'il sera la marionnette de M. Borissov.

Cherchant à s'attirer les faveurs de l'électorat socialiste traditionnel, M. Kalfin, eurodéputé et ancien ministre des affaires étrangères, a souligné lors de sa campagne que les Bulgares ne devraient pas confier tous les pouvoirs au GERB, un parti qui, selon lui, a des tendances autoritaires.

Ahmed Dogan, le leader du Mouvement des droits et des libertés (MDL), le parti de la minorité turque du pays, a affirmé que son électorat soutiendrait M. Kalfin. Les résultats préliminaires dans les régions peuplées par les partisans du MDL montrent toutefois que ses instructions n'ont pas eu l'effet escompté pour le candidat socialiste.

Meglena Kuneva, une ancienne commissaire européenne qui est arrivée troisième au premier tour des élections le 23 octobre, n'a quant à elle donné aucune consigne à ses électeurs. Selon un analyste, la moitié de ses électeurs a voté pour M. Plevneliev et l'autre moitié pour M. Kalfin.

Achat de votes

Lors d'une conférence de presse organisée tard dans la soirée suite à l'annonce des résultats préliminaires, le leader socialiste, Sergei Stanishev, a refusé de féliciter le vainqueur. Il a affirmé que ces élections avaient été une « manipulation sans précédent de l'opinion publique » et que des « pressions sans précédent » avaient été exercées sur les électeurs pour qu'ils soutiennent le candidat du GERB.

« Il ne faut pas oublier ce qui vient de se passer et nous ne devons pas rester sans rien faire, ce serait un crime pour l'avenir du pays », a déclaré M. Stanishev.

Il a avancé que le GERB avait atteint son objectif à l'aide « d'achat massif de votes, de menaces, de pressions et de passages à tabac ».

De nombreuses sources dans le pays font en effet état d'achats de votes et d'irrégularités, avec notamment un pourcentage important de bulletins invalides. Selon certains politologues, environ 15 % des électeurs du pays, qui vivent dans la pauvreté et en marge de la société, seraient prêts à vendre leur voix.

M. Kalfin a affirmé qu'une fraude électorale massive et l'achat des votes compliqueraient la tâche de son pays s'agissant de gagner la confiance de l'UE pour rejoindre l'espace Schengen.  

Un autre représentant officiel des socialistes, Mladen Chervenyakov, a toutefois déclaré qu'il n'y avait pas suffisamment de preuves pour soutenir ces allégations de fraude devant un tribunal.

Selon M. Stanishev, le Parti socialiste a atteint son objectif en obtenant le soutien de citoyens ne faisant pas partie de son électorat traditionnel et en se battant pour la démocratie dans le pays.

« Indigestion de pouvoir »

M. Borissov a rejeté cette déclaration avec ironie, affirmant que les socialistes, qui sont les héritiers des anciens communistes, ne pouvaient pas représenter des piliers pour la démocratie.

A la question de savoir si le GERB souffrait d'une « indigestion de pouvoir » avec les postes de premier ministre, de président du parlement et de président du pays, il a répondu qu'au début des années 1990, l'Union des forces démocratiques occupait tous postes importants dans le pays et que par la suite, les socialistes avaient également occupé les mêmes positions.

S'agissant des commentaires de M. Stanishev sur la manipulation du scrutin et les menaces sur l'électorat, il a juré qu'il n'avait pas versé « un seul lev », la devise du pays équivalant à environ 50 centimes d'euros, pour acheter des voix.

« Nous avons réalisé la campagne la moins coûteuse dans le pays. Et en ce qui concerne ces tableaux d'affichage présents partout, ils devraient à présent avoir la gentillesse de les nettoyer », a-t-il déclaré, faisant référence aux campagnes électorales de ses opposants.