Le partenariat stratégique UE-Royaume-Uni sera influencé par la présidence de Donald Trump
Bruxelles et Londres devraient axer leur partenariat stratégique autour du libre-échange, du multilatéralisme et du soutien à l'Ukraine — une réponse aux décisions prises par Donald Trump depuis son retour à la Maison-Blanche.
Selon une ébauche de déclaration commune du sommet UE-Royaume uni qui aura lieu le 19 mai prochain, Bruxelles et Londres devraient axer leur partenariat stratégique autour du libre-échange, du multilatéralisme et du soutien à l’Ukraine — une réponse aux décisions prises par Donald Trump depuis son retour à la Maison-Blanche.
Lors d’un sommet très attendu le 19 mai, l’UE et son ancien État membre définiront une vision pour un « partenariat stratégique » fondé sur « la sécurité et la prospérité de tous les citoyens du Royaume-Uni et de l’UE », peut-on lire dans le projet de document.
Le « préambule géopolitique » de trois pages, rédigé par Londres et actuellement soumis aux États membres de l’UE pour amendements, témoigne d’une volonté d’approfondir les liens avec l’Europe alors que le Premier ministre britannique Keir Starmer est soumis à une pression croissante pour se rapprocher du continent et s’éloigner de l’administration américaine de Donald Trump.
Keir Starmer s’est engagé à une « réinitialisation » des relations du Royaume-Uni avec l’UE et souhaite négocier un accord qui permettrait aux entreprises britanniques de défense d’accéder aux programmes européens de soutien au secteur. Il a largement rejeté les suggestions selon lesquelles le Royaume-Uni devrait choisir entre des relations plus étroites avec l’UE ou avec les États-Unis, et cherche à conclure de nouveaux accords commerciaux avec les deux parties.
Mais le projet de déclaration commune du sommet, qui réaffirme l’engagement des deux parties en faveur d’un « commerce libre et ouvert » et du « développement international », et qualifie le multilatéralisme de « vital », semble critiquer directement le recul de l’administration Trump sur chacun de ces principes.
Les droits de douane imposés par Donald Trump, la réduction de l’aide étrangère et le retrait d’organismes internationaux tels que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont suscité de vives critiques tant au sein du parti travailliste de Keir Starmer que dans l’ensemble du paysage politique britannique.
L’UE et le Royaume-Uni réaffirmeront également leur « soutien à l’indépendance, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues », en contradiction directe avec le plan négocié par les États-Unis visant à céder la Crimée à la Russie pour parvenir à la fin de la guerre.
La coopération sur l’utilisation des avoirs russes gelés pour soutenir l’Ukraine et sur l’immigration clandestine sont également mentionnées comme des priorités pour les relations futures.
Un autre document définissant les domaines de discussion pour l’avenir sera également adopté lors du sommet du 19 mai, parallèlement à un texte central sur un pacte de défense et de sécurité. L’UE souhaite que le Royaume-Uni respecte les accords post-Brexit existants et conclue de nouveaux accords sur les droits de pêche et la mobilité des jeunes.
Les ambassadeurs de l’UE doivent examiner le projet de déclaration commune mercredi 30 avril.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]