Le partenaire néerlandais du Front national accusé de racisme
Le chef du parti néerlandais d'extrême droite, Geert Wilders, dégringole dans les sondages après avoir tenu des propos racistes. La dynamique du parti pour les européennes semble brisée.
Le chef du parti néerlandais d’extrême droite, Geert Wilders, dégringole dans les sondages après avoir tenu des propos racistes. La dynamique du parti pour les européennes semble brisée.
Le Parti pour la liberté (PVV), parti néerlandais populiste et d’extrême droite, est confronté à une profonde crise suite au discours islamophobe tenu par son chef, Geert Wilders, lors d’un meeting à La Haye, le 19 mars dernier.
À la suite du scrutin municipal qui a eu lieu aux Pays-Bas, le chef du PVV a interrogé la salle lors d’un meeting: « Voulez-vous plus ou moins de Marocains dans cette ville, dans ce pays ? » « Moins, moins, moins ! » avait alors scandé les militants.
L’incident se répercute dans le débat public dans le pays depuis jeudi dernier. Les adversaires politiques de Geert Wilders ont exprimé leur profonde consternation face aux propos tenus par le leader populiste.
Diederik Samson, le dirigeant du parti travailliste néerlandais, le Parti du travail (PVDA) l’a ainsi accusé de racisme. « Ce qu’a fait Wilders est de l’incitation à la haine. Ce qui peut être passible de poursuites », a-t-il déclaré.
Les résultats des sondages collectés par Maurice de Hond, un analyste qui mène des sondages hebdomadaires sur les intentions de vote des électeurs néerlandais, ont montré que le PVV connaît une inflexion dans les sondages suite aux propos tenus du leader populiste. Selon les derniers résultats, 11 % des répondants ont déclaré que les chances pour qu’ils votent pour Geert Wilders ont diminué en raison de ses déclarations ; 56 % ont répondu qu’ils ne voteraient en aucun cas pour lui.
Alors que le parti d’extrême droite était en tête lors des sondages précédents, il est tombé à la deuxième place la semaine dernière, au coude à coude avec le parti travailliste et le parti conservateur.
Lors des élections municipales, qui avaient lieu une semaine avant les élections françaises, le PVV a obtenu des sièges à Almere, mais a cédé la première place au parti libéral D66 à La Haye. Ces deux villes étaient les deux seules où le parti populiste se présentait. Contrairement aux Front National, qui a présenté près de 600 listes pour les élections municipales, le PVV se concentre surtout sur la perspective des élections européennes. Le PVV a d’ailleurs l’intention de s’allier avec le Front National dans le futur Parlement européen, si ses forces le lui permettent, même si l’idée d’un candidat unique a été rejetée.
>>Lire Le Front National continue de flirter avec l’extrême-droite néerlandaise
Des européennes qui s’annoncent mal
Au moins huit cadres du PVV se sont désencartés depuis le discours de La Haye, dont Joram van Klaveren et Laurence Stassen.
Laurence Stassen, eurodéputée indépendante, représentait la délégation du parti auprès du Parlement européen et devait prendre la tête de liste du parti pour les européennes. Joram Van Klaveren participait à la constitution de la liste du parti pour les européennes, qui doit être terminée dans deux semaines au plus tard.
Mises à part ces deux figures de proue, qui jouaient un rôle stratégique dans le cadre des élections européennes, le parti a perdu six autres représentants.
Geert Wilders est maintenant en quête d’un nouveau candidat pour la tête de liste. Lucas Hartong, député européen sortant, et deuxième dans la délégation du PVV auprès du Parlement européen, pourrait se voir attribuer la place. Cependant, celui-ci n’a pas encore clarifié sa position, à savoir s’il va suivre ou non les pas de Laurence Stassen.
Geert Wilders peut encore compter sur ses partis européens partenaires
Dimanche 23 mars, le chef du PVV devait être présent lors d’un congrès du parti belge d’extrême droite Vlaams Belang. Mais Geert de Wilders a été contraint d’annuler à cause d’un « problème interne » au sein du parti.
Le PVV fait partie d’une alliance paneuropéenne avec le Front national, Vlaams Belang, et d’autres partis populistes et eurosceptiques, afin de former un groupe parlementaire au sein du PE une fois les élections passées.
Gerolf Annemans, président et tête de liste du PVV pour les élections européennes, a déclaré lors d’une intervention télévisée : « [Geert Wilders] n’est pas un raciste. C’est une personne intelligente qui sait exactement les limites à ne pas dépasser. Je ne considère pas à avoir le condamner ».
Entre-temps, le FN a enregistré de bons résultats lors du premier tour des élections municipales dimanche dernier, ce qui est de bon augure pour les prochaines européennes.
Le 18 mars, le Parlement a finalisé les nouvelles règles destinées aux partis politiques paneuropéens. À l’avenir, tout parti paneuropéen devra respecter « les valeurs européennes » au risque de perdre leur financement, notamment en cas d’action raciste.
Déjà dans le passé, Geert Wilders avait été poursuivi pour discours haineux, pour avoir tenu des propos islamophobes. Mais il a été finalement acquitté en 2011. Le leader néerlandais est connu pour ses positions xénophobes et islamophobes.