Le Parquet européen rejette les accusations selon lesquelles il entraverait les subventions agricoles grecques

Le Parquet européen a démenti les accusations selon lesquelles il bloquerait le versement des aides agricoles de l’UE, alors que la colère monte en Grèce entre les agriculteurs et le gouvernement autour de la reconnaissance de la fragmentation des terres agricoles.

EURACTIV.com
Greek farmers’ protests continue to negatively impact truck traffic on the Turkish side
EVROS, Grèce, 8 décembre. [Getty Images/Cihan Demirci_Anadolu]
Le problème structurel de la fragmentation de la propriété foncière en Grèce remonte à plus de 15 ans et est largement dû à l’incapacité des gouvernements successifs à mettre en place un cadastre complet, alors qu’il s’agit d’une exigence de la Commission européenne. Dans certaines régions du pays, les agriculteurs se sont appuyés pendant des années sur des accords verbaux pour échanger de petites parcelles afin de pouvoir cultiver des terrains adjacents et réduire leurs coûts de production.

Pendant des années, ces accords informels ont été acceptés par l’État, jusqu’à ce qu’une importante enquête de l’UE sur les fraudes aux fonds agricole conduise les autorités à sévir contre ce système. Dans le cadre de ce scandale, certaines personnes ont illégalement réclamé des fonds européens pour des terres qu’elles ne cultivaient pas.

Après plus d’un mois de manifestations massives, le gouvernement d’Athènes a finalement reculé, annonçant que les accords verbaux pour les parcelles de moins de 20 hectares seraient acceptés pour 2025 et 2026. En vertu des nouvelles règles, les agriculteurs peuvent présenter une déclaration solennelle des propriétaires fonciers confirmant leur propriété.

Toutefois, le problème reste entier pour les agriculteurs qui font déjà l’objet d’un audit, car le nouveau dispositif ne s’applique pas rétroactivement, comme le gouvernement l’a indiqué aux agriculteurs.

Selon des sources interrogées par Euractiv, les agriculteurs ont également été informés que la question était bloquée par la police financière grecque et le parquet européen.

Un porte-parole du Parquet européen a rejeté cette affirmation, soulignant que le parquet n’avait aucun rôle à jouer dans la détermination de l’attribution des fonds européens ou dans la fixation des critères d’éligibilité aux subventions agricoles ou autres.

« Notre mandat consiste à enquêter sur les fraudes portant atteinte au budget de l’UE, y compris les fraudes impliquant des fonds agricoles », a affirmé le porte-parole.

Selon nos informations, de nombreux agriculteurs hésitent à s’exprimer publiquement après qu’un agriculteur et représentant syndical grec, Kostas Anestidis, qui a mené des manifestations dans le nord de la Grèce, ait fait l’objet d’audits approfondis de la part des autorités grecques, notamment sur des questions de propriété foncière.

D’autres réunions pour discuter de cette question devraient avoir lieu cette semaine à Athènes.