Le Parlement soutient le système d'étiquettes "Made In", ce qui met en rogne l'industrie de la distribution

Le Parlement européen a voté jeudi (21 octobre) pour approuver les nouvelles lois sur l'étiquetage qui pourraient bientôt avoir un impact sur un large éventail de produits importés, des chaussures et des vêtements aux outils et aux pneus.

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Le Parlement européen a voté jeudi (21 octobre) pour approuver les nouvelles lois sur l'étiquetage qui pourraient bientôt avoir un impact sur un large éventail de produits importés, des chaussures et des vêtements aux outils et aux pneus.

Lorsque la législation sera finalisée, probablement l'année prochaine, les fabricants devront mentionner le pays où la plus grande partie de leur produit a été fabriqué sur l'étiquette.

Actuellement, les fabricants étrangers peuvent prétendre qu'un produire a été fabriqué en UE alors que seul un assemblage mineur a été réalisé dans l'Union. Cela peut induire en erreur les consommateurs à la recherche de produits locaux ou qui veulent soutenir les entreprises locales.  

Ces nouvelles exigences pourraient concerner des milliards d'euros de produits importés chaque année en Europe, particulièrement des pays asiatiques. Si les consommateurs se détournaient de certains produits étrangers, cela pourrait permettre de stimuler la production et l'emploi en Europe dans la mesure où les entreprises locales reprendraient le flambeau.

Les nouvelles étiquettes pourraient être un bon moyen de répondre aux inquiétudes de la population sur la qualité et la sécurité, a déclaré l'eurodéputé français Kader Arif, porte-parole sur le commerce international pour le groupe Socialistes & Démocrates au Parlement européen.

Les nouvelles législations doivent encore être soutenues par les Etats membres au Conseil des ministres où les grands distributeurs, tels que la Suède et la Grande Bretagne, sont inquiets quant à la paperasserie et à la perte de profits. Les autres Etats membres, dont l'Italie, l'Espagne et le Portugal, souhaitent depuis longtemps des étiquettes "Made In" obligatoires. Ils espèrent que cet étiquetage agira comme un frein sur les importations à bas pris en pleine croissance.

Un impact "énorme"

Cette décision pourrait avoir un "énorme" impact sur de nombreuses sociétés, particulièrement sur les petites entreprises et l'industrie de détail. Se conformer à ces règles pourrait également représenter un poids financier pour beaucoup de petites entreprises qui ne se sont pas encore remises du ralentissement de l'économie et de la contraction des marchés du crédit, explique Dennis de Jong, un socialiste néerlandais au Parlement.

La réglementation ne prend pas non plus en compte les produits du "marché équitable" visant à assurer les principes des droits de l'enfant, du respect de l'identité culturelle et des conditions de travail sécurisées, entre autres, a-t-il ajouté.

"Mon argument concerne le fait qu'il s'agisse d'un dépannage à court terme", a-t-il dit. "Sur le plus long terme, les citoyens ne sont pas intéressés par le pays, ils sont intéressés par un produit qui a été fabriqué correctement, sans travail des enfants et dans le respect de l'environnement".

En outre, l' European Association of Fashion Retailers affirme que mentionner un pays reste trompeur dans la mesure où le tissu d'un t-shirt peut provenir du Portugal, par exemple, mais la couture pourrait être réalisée en Egypte.

"Nous ne sommes pas satisfaits du résultat du vote en séance plénière", a déclaré Allessandro Bedeschi, le secrétaire général de l'association.

Rattraper les partenaires commerciaux de l'UE

Le vote de mercredi tend à aligner les politiques européennes sur celles d'autres pays, dont le Canada, le Japon et les Etats-Unis où une politique d'étiquetage est en place depuis 1930.

Toutefois, il n'existe pas de norme internationale pour l'étiquetage. Par conséquent, un produit qui devrait mentionner "Made in Vietnam" sur son étiquette conformément à la loi européenne pourrait devoir mentionner "Made in China" sous la loi américaine, explique l'association des commerçants qui souhaiterait que l'étiquetage reste facultatif.

Ces réglementations stipulent que si seul 25 % des produits sont fabriqués en UE, les fabricants ne pourront pas afficher qu'ils sont fabriqués en UE. Cristiana Muscardini, une eurodéputée italienne membre du Parti populaire européen a déclaré que ces règles mettraient les consommateurs européens "sur le même pied d'égalité que les consommateurs de nos principaux partenaires commerciaux".