Le Parlement se mobilise pour l’eurodéputé polonais Geremek [FR]

Les conséquences de l’enquête du gouvernement polonais sur le passé communiste mouvementé de son pays se ressentent jusqu’à Bruxelles, l’eurodéputé et ancien ministre polonais, Bronislaw Geremek, ayant été menacé d'être déchu de son mandat pour avoir refusé de déclarer qu'il n'avait pas collaboré avec la police secrète communiste.

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Les conséquences de l’enquête du gouvernement polonais sur le passé communiste mouvementé de son pays se ressentent jusqu’à Bruxelles, l’eurodéputé et ancien ministre polonais, Bronislaw Geremek, ayant été menacé d’être déchu de son mandat pour avoir refusé de déclarer qu’il n’avait pas collaboré avec la police secrète communiste.

Le 26 avril 2007, les membres du Parlement européen se sont ralliés à la cause du député Geremek, averti officiellement qu’il risquait d’être démis de ses fonctions.

Graham Watson, chef du groupe des Libéraux et Démocrates dont Geremek est membre, a considéré que le prétexte juridique auquel le gouvernement polonais a recouru (loi de « lustration ») équivalait à une « chasse aux sorcières ». Il s’est adressé directement au président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, demandant comment il était possible qu’un « parlementaire puisse être démis de cette manière de son mandat démocratique ».

Le président Pöttering a déclaré : « M. Geremek est une personnalité au-dessus de tout soupçon, qui s’est toujours battu pour faire progresser la démocratie dans son pays et pour l’unification européenne ». Il a ajouté : « J’examinerai toutes les possibilités toutes les possibilités légales pour que M. Geremek continue son travail ».

D’après cette loi dite de « lustration » mise en avant par le gouvernement polonais dirigé par les frères Kaczynski, les politiciens, les universitaires, les journalistes doivent faire une déclaration indiquant s’ils ont collaboré avec les services secrets communistes. Ceux qui refusent de s’y plier encourent la perte de leur emploi.

La Cour constitutionnelle polonaise examine actuellement la légalité de cette loi de lustration.

Le jour précédent, le Parlement avait pressé la Pologne de renoncer à faire passer une nouvelle loi interdisant les débats sur l’homosexualité dans les écoles. La session plénière a porté une résolution luttant pour la décriminalisation de l’homosexualité, engageant vivement les gouvernements européens d’aborder les problèmes de discrimination que rencontrent les couples homosexuels. Ces récents développements n’ont fait qu’ajouter à l’inquiétude de l’UE vis-à-vis des tendances homophobes de la Pologne.