Le Parlement presse la Commission d'élaborer une stratégie sur l'alcool

Le Parlement s’impatiente face à la lenteur de la Commission, qui n'a toujours pas présenté sa nouvelle stratégie sur l’alcool. Et demande qu'une proposition législative prévoyant notamment l’indication de la teneur en calories soit présentée en 2016.

EURACTIV.com
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5297677634_5b9c1f7a99_z.jpg [<a href="https://www.flickr.com/photos/96dpi/5297677634" target="_blank" rel="noopener">[Andreas Levers/Flickr]</a>]

Le Parlement s’impatiente face à la lenteur de la Commission, qui n’a toujours pas présenté sa nouvelle stratégie sur l’alcool. Et demande qu’une proposition législative prévoyant notamment l’indication de la teneur en calories soit présentée en 2016.

La Commission européenne devrait « commencer immédiatement à travailler» sur la prochaine stratégie de l’UE, pour 2016-2022, souligne une résolution adoptée le 29 avril par le Parlement européen.

La dernière stratégie européenne visant à réduire la consommation d’alcool a expiré en 2013, après sept ans d’utilisation, et n’a toujours pas été remplacée.

>> Lire : Le Parlement européen réclame une nouvelle stratégie sur l’alcool

Si elle n’imposait pas de législation spécifique, cette stratégie guidait les États membres dans la prévention de la consommation nocive et dangereuse d’alcool, notamment en ce qui concerne la conduite en état d’ivresse, la consommation d’alcool des femmes enceintes et des mineurs.

Les eurodéputés perdent patience. Ils estiment que la nouvelle stratégie devrait prévoir l’inclusion de la teneur calorique des boissons alcoolisées sur leur étiquette. Ils voudraient que l’exécutif européen soumette une proposition législative à cet effet en 2016 au plus tard.

>> Lire : Calories contre beuveries, Bruxelles piétine

Les alcools, toujours pas tenus de révéler leur teneur en calories

Les alcools ont en effet été exclus des nouvelles règles européennes sur l’étiquetage des boissons et aliments, entrées en vigueur le 13 décembre 2014.

Un rapport sur l’inclusion des boissons alcoolisées dans ce règlement aurait dû être publié par la Commission en décembre dernier, mais ne sera sans doute pas prêt avant la fin de l’année.

Ce retard a irrité le secteur brassicole européen, favorable à l’application de ce règlement aux alcools. L’industrie de la bière s’est ainsi engagée à indiquer progressivement les ingrédients et les informations nutritionnelles sur ses produits.

>> Lire : L’industrie de la bière frustrée par le retard de la Commission sur l’étiquetage de l’alcool

La consommation d’alcool entraine des risques majeurs à l’échelle de la santé publique, rappellent les eurodéputés dans leur résolution. Ils notent en outre que le coût social direct et indirect de la consommation excessive d’alcool dans l’UE est estimé à 155,8 milliards d’euros pour l’année 2010 à elle seule. Ils appellent de leurs vœux une stratégie comprenant la collecte de « données scientifiques fiables » afin d’améliorer la prévention et le traitement des conséquences de l’excès d’alcool.

Les États membres doivent également envisager de prendre des mesures contre la vente d’alcool très bon marché, ajoutent-ils, et la vente d’alcool transfrontalières sur Internet.

Autre priorité pointée du doigt, la consommation d’alcool pendant la grossessse. « Il est clair que la consommation d’alcool pendant la grossesse est dangereuse pour l’enfant à naître et la Commission doit en faire plus pour s’assurer que les citoyens sont conscients de ce risque en faisant figurer des avertissements sur toutes les boissons alcoolisées », a écrit dans un article de blog l’eurodéputée britannique Glenis Willmott (S&D), l’auteure de la résolution. Elle rappelle que l’alcool est lié à plus de 60 maladies chroniques, dont le cancer, les maladies du foie et les maladies cardiaques.

Sujet prioritaire

« Le Parlement européen a été clair, il veut que la Commission fasse de ce sujet une priorité. Nous avons envoyé un message fort à la Commission aujourd’hui. J’espère qu’il sera entendu et qu’une nouvelle stratégie présentera les actions à mener », continue-t-elle.

L’industrie de la bière a elle aussi interpelé l’UE et demande que la stratégie sur l’alcool soit inscrite au programme. La Commission et les organisations de consommateurs ont félicité le secteur pour cette initiative d’autoréglementation.

La première stratégie européenne sur l’alcool a été lancée en 2006 et a expiré en 2013. « Dans le cadre de ce processus, nous devons nous pencher sur la façon d’intégrer les dommages liés à l’alcool à une approche plus globale de soutien de systèmes de santé durables et de réduction des maladies chroniques », a déclaré au mois d’avril un porte-parole de la Commission.