Le Parlement européen soutient l’accès aux pilules contraceptives avant des négociations complexes
Le groupe Renew a obtenu l’adoption d’un amendement concernant les médicaments contraceptifs et liés à l’avortement dans le cadre de la loi sur les médicaments essentiels. Cependant, il est incertain que ce texte survive aux négociations à venir entre les colégislateurs.
Soutenu par des forces pro-européennes et une partie du Parti populaire européen (PPE, centre-droit), l’amendement appelle les États membres à garantir un accès sûr et abordable à ces médicaments.
Le texte souligne que « les pénuries et les perturbations de l’approvisionnement qui touchent ces médicaments compromettent la sécurité des patients et accentuent les inégalités d’accès aux soins de santé dans l’Union ».
« Il est particulièrement positif de constater que, dans le sillage de l’initiative My Voice My Choice, nous avons une fois de plus vu une majorité au Parlement soutenir les droits des femmes », nous a confié l’eurodéputé espagnol Nicolás González Casares (Socialistes et démocrates européens, S&D).
« Cela nous rappelle que notre vote détermine notre capacité à faire progresser les droits, mais aussi que nous sommes déterminés à défendre le modèle européen », a-t-il poursuivi.
Toutefois, l’amendement pourrait encore être abandonné lors des négociations entre les co-législateurs.
« Nous pouvons seulement espérer qu’il survive aux discussions, mais je ne suis pas certain que ce sera le cas, compte tenu des positions des États membres et de la Commission sur le sujet », a indiqué une source proche de l’eurodéputé roumain Vlad Voiculescu (Renew), auteur de l’amendement.
Certains États de l’UE, dont la Pologne et la Hongrie, ont maintes fois fait valoir que ces questions relèvent de la compétence nationale et s’opposent à une prise de décision au niveau européen dans ce domaine.
Début janvier, le commissaire à la Santé, Olivér Várhelyi, a réaffirmé que les médicaments liés à l’avortement relèvent légalement « de la compétence nationale », arguant que l’UE n’a donc pas le mandat d’agir.
Olivér Várhelyi avait déjà fait valoir cet argument lors de son audition devant le Parlement européen avant sa nomination au poste de commissaire en novembre 2024. Sous la pression des groupes S&D, Renew et Verts, les références aux droits reproductifs ont ensuite été supprimées de son portefeuille.