Le Parlement européen réexaminera l’accord commercial UE-États-Unis la semaine prochaine
Le Parlement évaluera la semaine prochaine s’il convient de débloquer l’accord commercial avec les États-Unis. Cette réévaluation intervient dans un contexte encore instable, après un accord-cadre controversé sur le Groenland ayant conduit Donald Trump à retirer ses menaces de droits de douane.
Bernd Lange, président de la commission du Commerce international (INTA) du Parlement, a indiqué aux journalistes après une réunion à huis clos avec des responsables de la Commission européenne lundi 26 janvier que l’« accord de Turnberry » conclu l’année dernière entre l’UE et les Etats-Unis serait débattu par les représentants des groupes parlementaires mercredi 4 février.
« Certains éléments pointent dans la bonne direction, mais il y a aussi beaucoup d’incertitudes », a affirmé Bernd Lange, citant le manque de détails sur l’accord sur le Groenland, que Donald Trump a qualifié de « cadre d’un accord futur ».
L’accord sur le Groenland, conclu verbalement mercredi dernier (21 janvier) entre Donald Trump et le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte, a vu Donald Trump renoncer à sa menace d’imposer des droits de douane pouvant atteindre 25 % à huit pays européens, dont le Danemark, l’Allemagne et la France, après avoir exigé ce qu’il a appelé « l’achat complet et total » du territoire danois par Washington.
Cette menace a incité le Parlement à suspendre la ratification de l’accord commercial en attendant la résolution de la crise, qui a déclenché l’une des plus graves divisions transatlantiques depuis des décennies.
Les remarques de Bernd Lange interviennent alors que les témoignages divergent parmi les personnes au fait de la réunion de lundi — à laquelle a participé Leopoldo Rubinacci, haut fonctionnaire de la Commission — quant à savoir si les députés européens iront de l’avant avec l’accord de Turnberry, qui engage l’UE à réduire les droits de douane sur une série de produits industriels et agricoles américains.
Brando Benifei, député européen italien du groupe des Socialistes et Démocrates européen (S&D), a déclaré que son groupe ne « soutiendrait pas la reprise du vote s’il n’y avait pas de clarté sur la question du Groenland ».
Lorsqu’on lui a demandé si la majorité des membres de la commission partageaient cet avis, il a répondu : « Oui ».
Cependant, trois responsables proches du dossier ont déclaré que la plupart des députés européens semblaient en fait disposés à aller de l’avant avec l’accord. Un quatrième responsable a déclaré qu’il n’y avait toujours pas de majorité en faveur de la levée de la suspension.
Jörgen Warborn, député européen suédois du Parti populaire européen (PPE, centre-droit), a fait savoir que le Parlement devait désormais « aller de l’avant » avec l’accord, faisant écho aux appels lancés la semaine dernière par la présidente du Parlement, Roberta Metsola, et la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, toutes deux également issues du PPE.
« J’espère que nous allons poursuivre », a continué Jörgen Warborn.
Un responsable du groupe libéral Renew, troisième faction de la coalition centriste de Ursula von der Leyen, a déclaré que son groupe restait opposé au déblocage de l’accord.
Deux responsables ont déclaré que le soutien des groupes de droite, notamment les Conservateurs et Réformistes européens (CRE, extrême droite) et les Patriotes pour l’Europe (extrême droite), pourrait fournir suffisamment de voix pour aller de l’avant. Un responsable a ajouté que les députés européens de Renew (libéraux) et même les Socialistes et Démocrates pourraient encore être persuadés de voter en faveur de l’accord.
Si les députés européens acceptent de débloquer l’accord la semaine prochaine, le Parlement pourrait le ratifier officiellement d’ici la fin du mois de février, a conclu Bernd Lange.
Eddy Wax a contribué à la rédaction de cet article.