Le Parlement européen insiste sur la prévention des maladies non transmissibles
Les efforts de prévention sont essentiels pour lutter contre le fardeau des maladies non transmissibles (MNT) en Europe, selon un projet de rapport présenté par les eurodéputés mercredi (30 août).
Les efforts de prévention sont essentiels pour lutter contre le fardeau des maladies non transmissibles (MNT) en Europe, selon un projet de rapport présenté par les eurodéputés mercredi (30 août).
Les maladies non transmissibles, telles que les maladies cardiovasculaires, le cancer, le diabète et les maladies respiratoires chroniques, sont responsables de 90 % des décès dans l’Union européenne et de 70 % des décès prématurés en Europe.
Les eurodéputés ont souligné la nécessité d’améliorer les stratégies de prévention et les avantages qui en découleraient pour les systèmes de santé.
« Nous devons prendre des mesures pour prévenir les décès prématurés, améliorer la qualité de vie des citoyens et assurer la compétitivité de l’UE », a déclaré mercredi l’eurodéputé libéral danois Erik Paulsen, rapporteur du projet de rapport sur les MNT, lors de la présentation du rapport au sein de la sous-commission de la Santé publique (SANT).
Il a également ajouté que le nombre de maladies non transmissibles augmentera en raison de l’état de santé d’une population vieillissante, ce qui constituera un « grand défi pour le système de santé européen et le marché du travail ».
Pour faire baisser ces chiffres, le rapport appelle à se concentrer sur la prévention, qui, selon lui, ne bénéficie pas d’un financement suffisant : en 2018, seuls 3 % des dépenses totales de santé dans l’UE ont été consacrés à la prévention.
Parralèlement, il montre que les maladies non transmissibles représentent un lourd fardeau non seulement sur le plan sanitaire, mais aussi sur le plan financier, puisqu’elles coûtent plus de 100 milliards d’euros par an aux économies de l’Union européenne.
Les facteurs de risque
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les personnes de tous âges sont vulnérables aux facteurs de risque qui contribuent aux maladies non transmissibles, comme l’exposition à la fumée de tabac, la consommation nocive d’alcool, les régimes alimentaires malsains et l’inactivité physique.
L’OMS souligne qu’« un moyen important de lutter contre les MNT consiste à se concentrer sur la réduction des facteurs de risque associés à ces maladies ». Il s’agit des facteurs comportementaux modifiables, qui peuvent être traités plus rapidement grâce à la prévention.
Milka Sokolović, directrice exécutive de l’Alliance européenne pour la santé publique (EPHA), a participé à une audition de la commission SANT avec les parties prenantes en juin, qui considèrent que les politiques actuelles de lutte contre les MNT ne sont pas suffisamment efficaces.
Mme Sokolović a expliqué à EURACTIV leur persistance à les aborder correctement et avec l’insistance nécessaire dans le rapport.
Dans cette optique, l’EPHA a présenté des amendements au projet de document concernant les « dommages intrinsèques de la consommation d’alcool » et l’« impact néfaste des régimes alimentaires malsains » et plaidant pour des mesures plus fortes contre le tabac et l’alcool.
L’Union européenne a mis en place de nombreuses initiatives visant le même objectif. Parmi les plus récentes, on peut citer le Plan européen pour vaincre le cancer de la Commission ou la recommandation du Conseil sur les environnements sans tabac.
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Cependant, les facteurs de risque ne sont pas uniquement liés aux comportements individuels. Certains produits chimiques ou la pollution de l’air et de l’eau peuvent également être à l’origine de maladies non transmissibles.
Au Parlement, certains législateurs se sont souvenus d’autres documents comme la mise à jour du règlement REACH sur l’enregistrement, l’évaluation, l’autorisation et les restrictions des substances chimiques, qui, bien qu’en cours depuis 2022, ne cesse d’être retardée.
Ce règlement vise à protéger la santé humaine et l’environnement des risques que peuvent poser les substances chimiques, qui peuvent également être un facteur de maladies non transmissibles.
Au même titre que REACH, l’eurodéputée française écologiste Michèle Rivasi a évoqué la prolongation de l’utilisation du glyphosate dans l’UE, un herbicide dont l’utilisation était censée être interdite en décembre 2022 mais a finalement été prolongée. Selon elle, le retard de ces réglementations montre un « manque de cohérence entre les politiques ».
Sara Skyttedal, eurodéputée chrétienne-démocrate suédoise, a également souligné que certains des rapports sur lesquels le Parlement européen a travaillé et qui incluent les maladies non transmissibles, comme celui adopté par le comité « Vaincre le cancer », « devraient continuer à nous guider dans cette affaire ».
Un autre document que les législateurs ont mentionné comme point de départ est le dossier adopté sur les leçons tirées de la pandémie de Covid-19, d’où ils tirent également la nécessité d’une collaboration. Ils ont convenu que si la santé est une compétence nationale, la pandémie a montré que les États membres de l’UE peuvent collaborer.
« En matière de santé, nous avons besoin de plus d’Europe, pas de moins d’Europe », a déclaré l’eurodéputée italienne Angela Danzi.