Le Parlement européen demande des missiles Taurus pour l'Ukraine

Le Parlement européen a appelé jeudi 28 novembre les États membres de l’UE à « renforcer leur soutien militaire » à l’Ukraine, notamment par des livraisons de missiles allemands Taurus, ce à quoi s’oppose le chancelier Olaf Scholz depuis plusieurs mois.

EURACTIV France avec AFP
International Aerospace Exhibition 2024
Olaf Scholz avait revendiqué son choix de la « prudence » dans le soutien militaire à Kiev, martelant son refus de livrer des missiles Taurus « pour éviter une guerre entre la Russie et l’OTAN ». [Kay Nietfeld/dpa (Photo by Kay Nietfeld/picture alliance via Getty Images)]

Le Parlement européen a appelé jeudi 28 novembre les États membres de l’UE à « renforcer leur soutien militaire » à l’Ukraine, notamment par des livraisons de missiles allemands Taurus, ce à quoi s’oppose le chancelier Olaf Scholz depuis plusieurs mois.

Dans une résolution non contraignante adoptée à 390 voix contre 135 et 52 abstentions, les eurodéputés s’alarment aussi du « soutien militaire apporté à la Russie par l’Iran, la Biélorussie et la Corée du Nord », et réclament de nouvelles sanctions contre ces pays.

Estimant que l’utilisation par la Russie d’un missile hypersonique Orechnik de portée intermédiaire et l’implication de Pyongyang marquent « une nouvelle phase de la guerre », ils demandent aux 27 de livrer à Kiev des missiles à longue portée, « dont des missiles Taurus », et des systèmes de défense aérienne, « y compris des missiles Patriot et des SAMP/T ».

L’Ukraine est équipée de systèmes américains Patriot et de leur équivalent franco-italien SAMP/T, mais en trop faible nombre pour protéger toutes ses villes.

Kiev a réclamé à ses alliés occidentaux ces systèmes de défense antiaérienne de dernière génération pour se protéger après la frappe du missile Orechnik, qui a touché la ville ukrainienne de Dnipro le 21 novembre.

Cette frappe constitue « une terrible escalade » dans le conflit, avait reconnu vendredi le chancelier Olaf Scholz. Il avait cependant revendiqué son choix de la « prudence » dans le soutien militaire à Kiev, martelant son refus de livrer des missiles Taurus « pour éviter une guerre entre la Russie et l’OTAN ».

Plus largement, les eurodéputés invitent les États membres à soutenir militairement l’Ukraine « à hauteur d’au moins 0,25 % de leur PIB par an ».

Le Parlement européen a également condamné la livraison par la Chine « d’articles militaires » à la Russie, l’invitant à y mettre fin. « Un refus de changer de position à cet égard risque d’avoir de graves répercussions sur les relations bilatérales » entre Pékin et l’UE, prévient-il.