Le Parlement discute des nouvelles adhésions alors que l’euro fête ses 10 ans [FR]
Hier (13 janvier), l’élargissement potentiel de la zone euro à des pays traditionnellement sceptiques, tel que le Royaume-Uni, ont suscité des débats au Parlement européen au cours des célébrations du 10ème anniversaire de la monnaie commune européenne.
Hier (13 janvier), l’élargissement potentiel de la zone euro à des pays traditionnellement sceptiques, tel que le Royaume-Uni, ont suscité des débats au Parlement européen au cours des célébrations du 10ème anniversaire de la monnaie commune européenne.
Le dixième anniversaire de l’euro offre une opportunité parfaite de rouvrir le débat sur la question de savoir si l’avenir économique britannique à long terme réside dans l’adhésion à l’eurozone, et il semble que ce soit le cas. C’est ce qu’a indiqué Richard Corbett, leader suppléant de la délégation du parti travailliste au Parlement européen, lors d’une conférence de presse à Strasbourg mardi (13 janvier).
Outre les raisons économiques et politiques classiques, le nouvel argument phare en faveur d’un passage à l’euro sont les effets aggravants de la crise économique et financière sur le Royaume-Uni, doublée de la dévalorisation rapide de la livre.
Les eurosceptiques se sont toujours saisis de la livre forte comme argument phare contre l’adhésion à l’euro. Une monnaie forte convient aux principaux intérêts économiques des hommes d’affaires nationaux, lesquels ont été les premiers à externaliser les services et le travail, bénéficiant de taux de change favorables lors de la réimportation en Grande-Bretagne.
Mais la chute constante de la livre par rapport à l’euro depuis novembre a sensiblement affaibli cet argument. En effet, l’euro a désormais atteint une quasi-parité avec la monnaie britannique. On s’attend à ce que la dernière baisse des taux d’intérêts effectuée par la Bank of England, qui a vu les taux diminuer de 1,5% la semaine dernière, soit leur taux le plus bas jamais atteint, exacerbe la situation, sans évoquer la possibilité de nouvelles baisses des taux par la Banque centrale européenne, qui pourrait amener mardi les taux d’intérêts de la zone euro à 2 %, contre les 2,5 % actuellement.
Cependant, cette opinion n’est pas du tout partagée en Grande-Bretagne. Selon un sondage conduit par la BBC en janvier, 71 % des Britanniques ne souhaitent pas entrer dans l’eurozone, et seulement 15 % seraient prêts à adopter l’euro si la livre chutait.
Le récent déclin de la livre ne renforce en aucun cas la position selon laquelle le Royaume-Uni doit renoncer à sa monnaie, a indiqué Timothy Kirkhope, leader des conservateurs britanniques au Parlement européen. Selon lui, le fait que la faiblesse de la livre est l’effet secondaire de la récession due au parti travailliste et de la faible économie. Pour la seule raison que notre gouvernement a perdu le contrôle de l’économie britannique, cela ne justifie pas qu’il faut donner les rênes à l’UE, a-t-il indiqué.
Parallèlement, le débat au sujet de l’adhésion à la zone euro est de nouveau à l’ordre du jour des agendas politique des pays généralement eurosceptiques, notamment le Danemark, la Suède et l’Islande, qui a été touchée par la crise.
Le Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen a proposé en octobre dernier un nouveau référendum au Danemark pour 2011 visant à décider si le pays veut adopter la monnaie (EURACTIV 31/10/08 ). Le résultat d’un potentiel référendum danois sur l’euro pourrait avoir une importance énorme sur l’attitude de la Suède à l’égard de la monnaie commune, a indiqué le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt.
En outre, après la faillite de nombreuses banques nationales en Islande, qui reste hors UE, de plus en plus d’arguments ont été émis en faveur de l’euro. Toutefois, le commissaire à l’Elargissement, Olli Rehn, a fait clairement savoir que Bruxelles n’accepterait pas que Reykjavik adopte l’euro sans être pleinement membre de l’UE.