Le pacte germano-russe sur le nucléaire froisse les Français [FR]
La France regrette une récente décision de l’Allemand Siemens de débuter un partenariat stratégique avec la Russie dans le domaine de l’énergie nucléaire. C’est ce qu’a déclaré à EURACTIV un expert de haut niveau proche du gouvernement français.
La France regrette une récente décision de l’Allemand Siemens de débuter un partenariat stratégique avec la Russie dans le domaine de l’énergie nucléaire. C’est ce qu’a déclaré à EURACTIV un expert de haut niveau proche du gouvernement français.
Le 3 février, le PDG de Siemens, Peter Löscher, a été reçu par le Premier ministre russe Vladimir Poutine, ce dernier annonçant que Siemens et le russe Rosatom lançaient un partenariat stratégique à grande échelle, capable de travailler en Russie et en Allemagne, ainsi que dans les pays tiers.
M. Löscher a proposé l’établissement d’un groupe de travail conjoint en vue de parvenir à des décisions concrètes avant la fin du mois d’avril, selon une transcription de la réunion disponible sur le site du gouvernement russe.
Claude Mandil, un ancien directeur général de l’Agence internationale de l’énergie (IEA), qui a rédigé un rapport sur la sécurité énergétique de l’UE pour le compte du gouvernement français, a déclaré qu’il regrettait le geste de Siemens.
En tant que Français, et en tant que citoyen européen concerné, il regrette que ce partenariat ne soit plus européen. C’est ce qu’il a déclaré à EURACTIV en marge d’une conférence organisée à Bruxelles par l’Ifri (Institut français des relations internationales).
Selon M. Mandil, le partenariat européen qui existait entre Siemens et Areva a été rompu, peut-être en raison d’erreurs du passé, mais il ne souhaite pas entrer dans les détails. Toutefois, le partenariat a été rompu à l’initiative de Siemens.
Selon l’ancien chef de l’IEA, le fait qu’un tel partenariat stratégique dans le domaine du nucléaire ne soit plus européen constitue une mauvaise nouvelle. Mais l’expert français voit aussi de manière positive le fait que l’Allemagne se montre déterminée à ne pas revenir vers l’énergie nucléaire.
D’un point de vue positif, je serais extrêmement heureux si Siemens pouvait rester impliqué dans le nucléaire. Je pense qu’il est capital pour l’Allemagne de rester un pays nucléaire. Si Siemens fait ça avec les Russes, de mon point de vue, ce n’est pas la meilleure solution. La meilleure solution aurait été la compagnie française Areva. Mais cela reste une bien meilleure solution que de se retirer du nucléaire, a déclaré M. Mandil.
Le quotidien français Le Monde a écrit que cet accord menaçant sur le nucléaire entre Moscou et l’Allemagne conforte le projet politique de M. Poutine de diviser les Européens et d’augmenter dans le même temps les capacités d’exportation d’énergie de son pays.