Le oui irlandais favorable à Ankara, selon le ministre des Affaires étrangères turc
Ahmet Davutoglu, a déclaré qu’un « oui» irlandais au traité de Lisbonne créerait les conditions juridiques favorables pour de futurs élargissements de l’UE.
Ahmet Davutoglu, a déclaré qu’un « oui» irlandais au traité de Lisbonne créerait les conditions juridiques favorables pour de futurs élargissements de l’UE.
« La Turquie peut aider l’Europe à devenir un acteur majeur sur la scène internationale si elle est admise dans le club », a déclaré le ministre des Affaires étrangères turc, Ahmet Davutoglu, vendredi 2 octobre à Bruxelles, à la veille du second référendum irlandais sur le traité de Lisbonne. Il a par ailleurs insisté sur le fait que son pays ne faisait pas tous ces efforts simplement pour des questions de relations publiques, mais bien pour aider l’UE.
A l’occasion de sa visite, Ahmet Davutoglu a rencontré le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, le commissaire à l’Elargissement, Olli Rehn, et le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, actuellement représentant de la présidence tournante de l’UE.
Le diplomate turc a fait savoir que son pays était un acteur régional-clef et qu’il jouait déjà le rôle de médiateur neutre dans un certain nombre de conflits dans lesquels les États de l’UE ont peu d’influence.
L’«excellente» relation entre la Grèce et la Turquie
M. Davutoglu a donné plusieurs exemples du rôle de médiateur de la Turquie dans les conflits du Moyen-Orient, du Caucase ou concernant les tensions actuelles sur le programme nucléaire iranien. Il a déclaré qu’Ankara poursuivait une politique de « zéro problème » avec ses voisins, avec lesquels il a ajouté que les relations de son pays étaient toutes excellentes.
Interrogé par les journalistes sur les relations de son pays avec la Grèce, avec laquelle un certain nombre de problèmes bilatéraux persistent, M. Davutoglu a néanmoins admis qu’il y avait bien des difficultés. Mais il a précisé qu’il y avait « une grosse différence, comparé à la situation qui avait cours il y a 10-15 ans, parce que les problèmes sont maintenant abordés de manière constructive, sans escalade des tensions ». Il a même qualifié la relation entre la Turquie et la Grèce « d’excellente ».
Sur la question de Chypre, M. Davutoglu a accusé la partie chypriote grecque de ne pas faire d’efforts dans les négociations actuelles organisées sous le patronage de l’ONU. Il a notamment accusé le président de Chypre, Dimitris Christofias, de ne pas avoir assisté à une réunion trilatérale à New York, avec le négociateur chypriote turc Mehmet Ali Talat et une délégation turque. Il a déclaré que pour les Chypriotes grecs, les Chypriotes turcs étaient des « moitiés d’hommes », alors qu’eux-mêmes se considéraient comme des « surhommes ».