Le nouveau gouvernement macédonien attise les tensions avec la Grèce [FR]
Samedi 26 juillet, le Parlement de Skopje a approuvé le nouveau gouvernement conservateur du Premier ministre Nikola Gruevski, qui s’est engagé à faire de l’adhésion à l’UE et à l’OTAN sa principale priorité. Mais une dispute continue avec la Grèce semble constituer l’obstacle majeur aux ambitions du pays.
Samedi 26 juillet, le Parlement de Skopje a approuvé le nouveau gouvernement conservateur du Premier ministre Nikola Gruevski, qui s’est engagé à faire de l’adhésion à l’UE et à l’OTAN sa principale priorité. Mais une dispute continue avec la Grèce semble constituer l’obstacle majeur aux ambitions du pays.
Les députés ont approuvé une nouvelle coalition menée par le Premier ministre Nikola Gruevski. Celle-ci rassemble le Parti de centre droit VMRO-DPMNE, qui avait récolté 63 sièges lors du scrutin du 1er juin, et l’Union démocratique pour l’intégration (DUI), un des deux partis principaux représentant la communauté albanophone du pays. A eux deux, les partis de la coalition peuvent compter sur une majorité confortable de 78 députés au Parlement macédonien, qui en compte 120.
Aucun député n’a voté contre la nouvelle coalition étant donné que les principaux partis d’opposition ont tous boycotté la session. Les sociaux-démocrates souhaitaient ainsi protester contre l’arrestation de leur vice-président Zoran Zaev, une arrestation à leurs yeux « politique ». Quant au Parti démocratique des Albanais (DPA), l’autre grand parti albanais, il s’est également abstenu, déclarant qu’il ne retournerait au Parlement qu’une fois que les droits de leur communauté seraient mieux pris en compte.
Le nouveau gouvernement s’est tout particulièrement engagé à améliorer les relations interethniques et à lutter contre la corruption et la criminalité organisée. Ces priorités s’inscrivent également dans le cadre des ambitions européennes du pays.
Lors de la présentation du nouveau gouvernement, M. Gruevski, qui était également à la tête de l’ancien, a dit que lui et son équipe allaient travailler sans relâche pour devenir membre de l’UE et de l’OTAN.
De nouvelles tensions avec la Grèce
Mais le camp de M. Gruevski a créé de nouvelles tensions avec la Grèce en demandant le soutien de la Commission dans ses efforts de protection et de promotion des droits de la minorité macédonienne de Grèce.
Une lettre du Ministre macédonien des Affaires étrangères, Antonio Milososki, au Commissaire au Multilinguisme Leonard Orban, demandant son soutien pour la reconnaissance du macédonien en tant que langue minoritaire en Grèce, a été suivie par une lettre de M. Gruevski adressée au Président de la Commission José Manuel Barroso.
Il a demandé à M. Barroso de s’engager personnellement à ce que la Grèce se soumette aux obligations découlant des instruments internationaux en matière des droits de l’homme, particulièrement sur les questions de la liberté d’expression des identités ethniques et des droits qui en résultent.
Vendredi 25, M. Barroso a cependant répondu que la Commission n’avait « aucune compétence » pour s’occuper de ce type de questions, qui relèvent la responsabilité des Etats membres. Il a également souligné que la Macédoine devait résoudre ces problèmes avec la Grèce avant d’avancer sur le chemin de l’UE.