Le nouveau gouvernement irlandais souhaite de meilleures conditions de renflouement
La campagne électorale militant pour une renégociation du renflouement d'un montant de 85 milliards d'euros accordé à l'Irlande par l'UE et le FMI semble avoir porté ses fruits, dans la mesure où le parti de centre-droit, Fine Gael, a remporté une victoire retentissante lors du scrutin de ce week-end.
La campagne électorale militant pour une renégociation du renflouement d'un montant de 85 milliards d'euros accordé à l'Irlande par l'UE et le FMI semble avoir porté ses fruits, dans la mesure où le parti de centre-droit, Fine Gael, a remporté une victoire retentissante lors du scrutin de ce week-end.
Aujourd’hui (28 février), le Fine Gael débutera ses négociations de coalition avec le Labour Party, qui est arrivé deuxième en termes de sièges obtenus au Parlement.
« Nous avons bien précisé que nous arrivions pour montrer que si nous obtenions un mandat de la part des citoyens lors des élections générales, nous tenterions de négocier les aspects de ce paquet », a déclaré le leader du Fine Gael, Enda Kenny, lors du lancement de la campagne électorale de son parti.
La victoire du Fine Gael et du Labour est largement illustrée comme le reflet de la résistance irlandaise aux conditions actuelles du renflouement européen. Cependant, les discussions concernant la formation d’une coalition qui devaient commencer aujourd’hui, pourraient être entravées par un désaccord sur le type de concessions à obtenir de la part de Bruxelles lors du prochain sommet qui aura lieu le 11 mars.
Compte à rebours de la coalition
Bien que les deux partis soient d’accord sur l’idée de tenter de réduire le taux d’intérêt du renflouement actuellement à 6 %, le Fine Gael ne partage pas l’avis du Labour sur la possibilité d’une extension du délai accordé à l’Irlande pour réduire son déficit.
Dans le cadre du paquet de renflouement mis au point en novembre 2010, l’Irlande devrait réduire son déficit à 3 % d’ici 2014, une condition que le Labour souhaite reporter d’un ou deux ans.
Les deux partis souhaitent que les discussions de coalition soient vite terminées car ils devront faire face aux leaders européens à Bruxelles seulement deux jours après leur première session au parlement irlandais, le Dail.
« Nous ne voulons pas envoyer un signal négatif qui montrerait une indécision aux gouvernements européens en amont des réunions de mars », a déclaré Enda Kenny, a déclaré le nouveau premier ministre irlandais, ou « Taoiseach » en gaélique.
Michael Noonan, le nouveau ministre des finances irlandais, pense que le Fine Gael est très bien placé pour négocier avec l’UE concernant les taux d’intérêt puisqu’il est membre du même parti que le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et que la chancelière allemande, Angela Merkel, au Parlement européen, le Parti populaire européen.
Négociations avec l’Allemagne
Alors que le fonds officiel de renflouement de l’UE, le Fonds européen de stabilité financière, dépend de la notation de crédit AAA de l’Allemagne, les hommes politiques irlandais devraient user de leurs charmes offensifs avec les dirigeants allemands.
L’Allemagne a déjà indiqué qu’elle était ouverte à une renégociation du taux d’intérêt relatif au prêt irlandais en échange d’une limite constitutionnelle au cercle vicieux de l'endettement du pays. La Bulgarie est le dernier pays de l’UE en date à avoir intégré un frein à la dette dans sa loi nationale.
« Nous pourrions envisager cela si l’ensemble des pays acceptaient d’ajouter une sorte de cadre budgétaire national dans leur constitution, oui », a déclaré Jörg Asmussen, du ministère des finances allemand.
M. Noonan a également évoqué du bout des lèvres l’idée d’appliquer des décotes pour les détenteurs d’obligations, une initiative qui devrait séduire la chancelière allemande, qui a récemment exhorté l’Irlande à entrer en négociation avec ses débiteurs privés. Aux dernières nouvelles, les débiteurs privés irlandais avaient un endettement bancaire non garanti d’environ 15 milliards d’euros à leur actif.
Les leaders de la zone euro se retrouveront à Helsinki le 11 mars pour finaliser les projets concernant le mécanisme permanent de prêt voué à remplacer le Fonds européen de stabilité financière temporaire qui avait été mis en place pour renflouer la Grèce.
Lors de leur réunion du 24 mars à Bruxelles, les 27 dirigeants européens tenteront d’aboutir à un accord sur ce point et de mettre en place un paquet de réformes législatives pour éviter que les pays ne cumulent des dettes insurmontables.