Le Nord du Kosovo sous tension
25 soldats de la KFOR ont été blessés dans la journée du 28 novembre, lors d’affrontements avec la minorité serbe du Kosovo qui refuse toujours l’autorité de Pristina. La Serbie, qui espère devenir candidat à l’UE le 9 décembre prochain, a appelé au calme.
25 soldats de la KFOR ont été blessés dans la journée du 28 novembre, lors d’affrontements avec la minorité serbe du Kosovo qui refuse toujours l’autorité de Pristina. La Serbie, qui espère devenir candidat à l’UE le 9 décembre prochain, a appelé au calme.
Les prémices des tensions actuelles remontent au mois de juillet. A l’époque, la police kosovare avait lancé une opération dans le but de prendre le contrôle de deux postes frontières dans le Nord du Kosovo. Cette zone, à majorité serbe, refuse toujours de se soumettre à l’autorité du gouvernement de Pristina qu’elle ne reconnait pas.
Après quelques jours de face à face, le calme avait été rétabli par les troupes de l’Otan stationnées dans le pays (KFOR, 6250 hommes).
Nombreux civils blessés
Malgré tout, les tensions sont restées vives et la situation s’envenime depuis quelques jours. Dans la journée du 28 novembre, 25 soldats internationaux ont été blessés, dont deux par balles, alors qu’ils avaient reçu l’ordre de dégager deux barrages routiers qui datent des heurts de l’été dernier rapporte Reuters.
Les affrontements avec les manifestants ont été particulièrement violents et plusieurs dizaines ont du être acheminés vers les hôpitaux du Nord du Kosovo. La presse serbe parle d’une centaine.
La KFOR a fait usage de canons à eau, de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc.
Candidature serbe
Ce regain de tensions intervient dans un contexte politique complexe.
Le ministre serbe en charge du Kosovo, Oliver Ivanovic, considère que la KFOR cherche à profiter de la situation pour récupérer les postes frontières et ainsi affirmer l’autorité de l’État kosovar dans le nord du pays.
Belgrade souhaite en effet obtenir, lors du prochain sommet européen du 9 décembre, le statut officiel de candidat à l’UE. Ces évènements pourraient retarder le processus d’intégration du pays alors que le président serbe, Boris Tadic a en fait l’une de ses priorités. Il a appelé les forces en présence au calme.
Sur le terrain, les civils serbes campent autour des barricades qu’ils ont erigé.
Dans le même temps, le dialogue entre Pristina et Belgrade, supervisé par l’Union européenne, est au point mort.
Car si Boris Tadic souhaite faire avancer son pays vers l’UE, il est hors de question pour lui de reconnaitre, même implicitement, l’indépendance de son ancienne province, ce qui reviendrait à un suicide politique.