Le nom Felipe Gonzáles évoqué pour la présidence stable de l’UE

La population espagnole et plusieurs dirigeants politiques affichent leur soutien à l’ancien premier ministre, Felipe Gonzáles, candidat à la présidence stable de l’UE.

La population espagnole et plusieurs dirigeants politiques affichent leur soutien à l’ancien premier ministre, Felipe Gonzáles, candidat à la présidence stable de l’UE.

Un sondage réalisé par le think tank espagnol Real Instituto Elcano a révélé que 42% des personnes interrogées soutenaient Felipe González pour occuper le poste de président de l’UE, si le traité de Lisbonne était ratifié. L’ancien premier ministre espagnol bénéficie par ailleurs de l’appui du haut représentant aux affaires étrangères de l’UE, Javier Solana, (EURACTIV.com 23/06/09). Seuls 23% des sondés approuveraient la candidature de Tony Blair.

Si le Traité de Lisbonne entre en vigueur d’ici la fin 2009, le premier président de l’UE pourrait être désigné pendant la présidence espagnole. Un concours de circonstances qui, selon M. Solana, serait à même de favoriser la candidature de Gonzales.

Se référant à Felipe González et au Premier ministre espagnol actuel, Jose Luis Zapatero, le haut représentant aux affaires étrangères de l’UE a estimé que la relation entre ces deux hommes politiques espagnols serait « très positive, constructive, et apporterait de la valeur ajoutée ».

Un sondage en date de 2008 mené par Harris interactive avait identifié Tony Blair comme le candidat favori à la présidence de l’UE. Les sondages espagnols ne reflètent pas toutes les visions partagées en Europe, mais la candidature de González semble avoir pris du gallon, pendant que celle de Blair perdrait de son aura. Signe vers la candidature espagnole ou pas? Quoi qu’il en soit, le président français a quant à lui cessé de soutenir ouvertement la candidature britannique.

Sarkozy s’était montré largement favorable à la candidature de l’ancien premier ministre britannique à la fin de l’année 2007. Toutefois, il a révisé depuis sa position en soutenant l’Espagnol. Jean-Marie Colombani, ancien directeur du Monde, a confié au quotidien El Pais que le revirement de Sarkozy s’expliquait par l’incapacité de Blair à faire progresser les négociations de paix en Palestine en tant qu’envoyé pour le Quartet au Moyen-Orient. « La polémique autour de ses actions en Irak » aurait selon lui également motivé le volte-face du président.

L’autre obstacle potentiel pour Blair se cristallise dans la figure de Chris Patten, ancien commissaire européen britannique en charge des relations extérieures. Celui-ci a annoncé qu’il ne se portait pas candidat au poste de haut représentant aux affaires étrangères, mais qu’il réagirait de manière « très positive » si on lui proposait de figurer parmi les prétendants.

Patten est une figure populaire à Bruxelles, ce qui lui a valu de recevoir le soutien de Daniel Cohn-Bendit, co-coprésident du groupe politique des Verts au Parlement européen. Selon les analystes, sa candidature est susceptible d’attirer les faveurs des détracteurs de Tony Blair.

La candidature de González a cependant ses zones d’ombre. Le risque de voir les Espagnols surreprésentés a été soulevé lors de la conférence de presse où Solana a exprimé son soutien à González. 

La réputation de González avait de plus été controversée dans les années 80 par les modes d’action employés dans la lutte contre le terrorisme. L’ancien premier ministre, qui a égrainé quatre mandats, a constamment nié avoir eu connaissance d’une organisation secrète – le Groupe antiterroriste de libération (GAL)- dont l’action aurait coûté la vie à 27 personnes accusées à tort d’avoir commis des actes terroristes. Les opérations de cet organe ont cessé depuis 1987 et l’implication de González n’a  jamais été prouvée.