Le monde unanime dans ses hommages à la reine Elizabeth II

Le monde s'est associé jeudi au deuil des Britanniques après la mort d'Elizabeth II, "une reine de cœur » dont "la dignité » et "le sens du devoir inaltérable » ont suscité une pluie d'hommages unanimes.

La feu Reine d'Angleterre Elizabeth II le 21 octobre 2021, à un défilé militaire. [ALAN PORRITT/EPA-EFE]

Le monde s’est associé jeudi (8 septembre) au deuil des Britanniques après la mort d’Elizabeth II, « une reine de cœur » dont « la dignité » et « le sens du devoir inaltérable » ont suscité une pluie d’hommages unanimes.

Adressant « leurs pensées » à la famille royale et à son peuple, chefs d’Etat ou de gouvernement se sont dits personnellement affectés par le décès de la souveraine qui, en 70 ans de règne, a rencontré quasiment tous les grands responsables de la planète.

Minute de silence à l’ONU, tour Eiffel privée de ses lumières, drapeaux en berne sur la Maison Blanche mais aussi dans le sultanat d’Oman, jours de deuil au Brésil, en Jordanie ou à Cuba… les marques de respect se sont multipliées aux quatre coins du globe.

« Grâce », « dignité », « sens du devoir »

Joe Biden a salué « une femme d’Etat d’une dignité et d’une constance incomparables ». Elizabeth II était « plus qu’une monarque. Elle incarnait une époque », a ajouté le président américain, qui a signé en personne le registre de condoléances ouvert en son honneur par l’ambassade du Royaume-Uni à Washington.

Son règne est défini par la « grâce, l’élégance et un sens du devoir inaltérable », a renchéri l’ex-locataire de la Maison Blanche Barack Obama.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a lui aussi noté « la grâce, la dignité et le dévouement » d’Elizabeth II.

« Il n’y a pas de mots pour rendre hommage, même partiellement, à l’importance primordiale de cette reine, à son sens du devoir, à son intégrité morale, à son dévouement et à sa dignité », selon l’ancienne chancelière allemande Angela Merkel.

Consensus

Fait rare, la mort d’Elizabeth II a mis d’accord même les pires ennemis.

« Pendant de nombreuses décennies, Elizabeth II jouissait à juste titre de l’amour et du respect de ses sujets, ainsi que d’une autorité sur la scène mondiale », a commenté le président russe Vladimir Poutine.

Faisant part de « sa profonde tristesse », le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déploré « une perte irréparable ».

Aux Etats-Unis, l’ancien président républicain Donald Trump a abondé dans le sens des démocrates Joe Biden et Barack Obama, louant une souveraine qui laisse selon lui « un extraordinaire héritage de paix et de prospérité ».

« Amie »

« Je garde le souvenir d’une amie de la France, une reine de cœur qui a marqué à jamais son pays et son siècle », a réagi le président français Emmanuel Macron.

Elle était aussi « une amie remarquable de l’Irlande », selon son président Michael D. Higgins, mais aussi « une présence constante » dans la vie des Canadiens qui la « chériront toujours », d’après le Premier ministre Justin Trudeau.

« Tristesse »

« Profondément attristé », le pape François a fait savoir qu’il priait pour Elizabeth II et Charles III.

En Inde, le Premier ministre Narendra Modi s’est également dit « peiné par sa disparition ». Le gouvernement argentin a exprimé son « chagrin », les présidents turc Recep Tayyip Erdogan et cubain Miguel Diaz-Canel leur « tristesse ».

« Elle nous manquera terriblement », a prédit la reine du Danemark Margrethe II.

Historique

Le roi des Belges Philippe et son épouse ont rendu hommage jeudi à « une monarque d’exception qui a profondément marqué l’Histoire ».

Le roi d’Espagne Felipe VI a même jugé qu’elle avait « écrit les chapitres les plus pertinents de l’Histoire » ces sept dernières décennies.

La reine Elizabeth II a symbolisé « la réconciliation » avec l’Allemagne, contribuant à « panser les plaies » de la Seconde guerre mondiale, a notamment souligné le chef de l’Etat allemand Frank-Walter Steinmeier.

La disparition de cette souveraine, qui a « joué un rôle extrêmement important pour la paix et la stabilité mondiales », est une « grande perte » pour la communauté internationale, a abondé le Premier ministre japonais Fumio Kishida.

Sa mort laisse un immense vide dont le souvenir « restera gravé en lettres d’or dans les annales de l’histoire mondiale », pour le président du Pakistan Arif Alvi.

« Sa vie et son héritage resteront gravés dans les mémoires à travers le monde », a renchéri le président sud-africain Cyril Ramaphosa.

« Modèle »

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué en Elizabeth II « un modèle de continuité », « dont le calme et le dévouement ont donné de la force à beaucoup ».

« Tout au long de sa riche carrière, elle a été une source d’inspiration et de noblesse », a renchéri l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani.

Le Premier ministre israélien Yaïr Lapid a jugé que cette « figure exceptionnelle » « symbolisait la dévotion et l’amour pour sa patrie ».

Souvenirs

De Joe Biden, qui l’avait rencontrée pour la première fois en 1982, à Angela Merkel qui a évoqué « l’honneur de la recevoir » une dernière fois à la fin de son mandat l’an dernier, plusieurs personnalités ont partagé leurs souvenirs de la reine, y compris dans des enceintes inattendues.

Le footballeur Pelé a ainsi révélé être un « grand admirateur » de la souveraine depuis son séjour au Brésil en 1968, où elle avait assisté à un match dans un stade Maracana bondé.

« Nous nous rappellerons toujours d’elle avec affection, surtout qu’elle a vécu ici quand elle était une petite princesse », a également tweeté le Premier ministre de Malte Robert Abela.