Le MoDem lance sa campagne et esquisse un programme
Le parti de François Bayrou a présenté ses têtes de listes, dimanche 8 février, et a laissé entrevoir les grands axes de sa campagne.
Le parti de François Bayrou a présenté ses têtes de listes, dimanche 8 février, et a laissé entrevoir les grands axes de sa campagne.
Le Mouvement démocrate a officiellement lancé sa campagne pour les élections européennes. L’occasion pour le président du parti, François Bayrou, de présenter ses têtes de liste, après les avoir fait approuver par les militants…à plus de 85%.
Il faut dire que les adhérents, dont moins de 30% ont voté, n’avaient pas une très grande marge de manœuvre. Il leur était demandé de se prononcer sur l’ensemble des têtes de listes, au niveau national, et non par région (lire EURACTIV.fr, 04/02/2009).
Sur la scène de la Mutualité, toutes les têtes et les deuxièmes de listes ont d’ailleurs pris la parole, faisant se succéder des interventions pendant plus de quatre heures. Un moyen de ménager les susceptibilités, alors que, de l’aveu de François Bayrou, la constitution des listes n’a pas été facile. L’ancienne ministre de l’Ecologie Corinne Lepage, qui briguait par exemple la tête de liste de la région Ouest, a été priée de se replier dans le Nord. Idem pour l’eurodéputé sortant Jean-Marie Beaupuy, qui, pour ne pas être relégué troisième d’une liste conduite, dans l’Est, par l’ancien directeur de Marianne Jean-François Kahn, a accepté de mener le combat dans la région Massif-Centre. «Beaupuy est beaucoup moins médiatique que Kahn», justifie-t-on en interne. «Et puis, Jean-François fait déjà campagne depuis six mois», poursuit la même source.
Il sera secondé par Cherifa Adaissi. «Ce n’est pas Rachida que vous avez devant vous, mais bien Cherifa. Je ne suis pas une seconde de liste qui y va à reculons», a lancé à la salle la candidate, faisant allusion à la situation de la ministre de la Justice, qui aurait longuement hésité avant d’accepter la deuxième place de la liste UMP en Île-de-France.
En revanche, le nom de Quitterie Delmas, passionaria du mouvement et figure de la blogosphère démocrate, ne figure sur aucune des listes. Le sujet a d’ailleurs le don d’exaspérer en interne. «La politique, c’est avoir de la terre aux godasses, et pas uniquement de tenir un blog!», s’exaspère un élu centriste. En interne, on affirme que la jeune femme n’a pas présenté sa candidature à la commission chargée d’élaborer les listes. A la tribune, François Bayrou tempère : «Je lui ai proposé de diriger une liste et elle a décidé de changer l’orientation de son engagement. Je le respecte», a-t-il dit. L’occasion, pour le président du mouvement, de répondre aux critiques sur l’absence de «jeunes» en têtes des listes. «On a besoin de gens qui, au travers de leur vie, ont fait leur preuve», a-t-il souligné.
A l’heure des bilans
Chez les eurodéputés sortants, l’heure était à la présentation de son propre bilan. Jean-Luc Benhamias (Sud-Est) a demandé la création de brigades d’intervention européennes pour faire face aux catastrophes naturelles; Anne Laperrouze (Sud-Ouest) a raconté le rôle qu’elle a joué comme rapporteure du texte sur les réseau trans-européen de transport d’électricité et du gaz; Jean-Marie Beaupuy (Centre) a évoqué la solidarité entre les villes et les campagnes; Nathalie Griesbeck (Est) a souligné l’importance de la présence du Parlement à Strasbourg et Bernard Lehideux (Île-de-France) a rappelé le rôle qu’il avait joué dans l’apparition d’un Erasmus pour les apprentis.
D’autres candidats se sont attachés à défendre l’idée européenne. «Je ne suis pas européen de naissance», a par exemple avancé Robert Rochefort, directeur général du Credoc et numéro un de la liste Sud-Ouest. «J’ai été élevé avec la haine du “Bosch”, a-t-il poursuivi. Je crois que les militants européens que nous sommes ne doivent pas sous-estimer que dans la réalité des territoires, la question européenne n’est pas une évidence pour tout le monde. Nous avons du boulot.» La présidente du Mouvement européen-France, Sylvie Goulard (Ouest) a pour sa part mis en avant son «indépendance» et sa «liberté de ton» : «François Bayrou m’a voulu, il m’aura!», a-t-elle lancé à la tribune.