Le Médiateur réclame des informations claires sur la contamination de Fukushima
Après la catastrophe de Fukushima au Japon, de nombreuses plaintes ont été formulées par la population. Le Médiateur européen a donc décidé d'ouvrir une enquête sur les niveaux maximaux admissibles de contamination radioactive des denrées alimentaires et sur l'information du public. Des plaintes similaires ont également été enregistrées en France.
Après la catastrophe de Fukushima au Japon, de nombreuses plaintes ont été formulées par la population. Le Médiateur européen a donc décidé d'ouvrir une enquête sur les niveaux maximaux admissibles de contamination radioactive des denrées alimentaires et sur l'information du public. Des plaintes similaires ont également été enregistrées en France.
« Conformément à des plaintes qui m'ont été soumises, il semble qu'un certain nombre de citoyens de l'Union estiment ne pas avoir reçu suffisamment d'informations précises et fiables sur les modifications apportées aux niveaux maximaux admissibles suite à l'incident de Fukushima », a écrit le Médiateur européen, Nikiforos Diamandouros, dans une lettre adressée au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, le 19 mai.
M. Diamandouros a souligné que même si les sites Internet de l'exécutif de l'UE fournissaient des liens vers les règlements concernés (297/2011 et 351/2011), « aucune information comparative sur les niveaux maximaux admissibles avant et après l'incident de Fukushima n'a apparemment été mise à disposition ».
Par conséquent, le Médiateur a décidé d'ouvrir une enquête de sa propre initiative, afin que des informations claires soient fournies aux citoyens.
Il a requis une réponse de la Commission pour le 30 juin 2011, demandant des chiffres précis, de préférence sous la forme de graphiques et également de tableaux, ce qui permettrait une identification plus facile des niveaux maximaux admissibles en vigueur avant et après l'incident nucléaire japonais.
Les autorités françaises sous pression
La requête du Médiateur pour plus de transparence dans les informations communiquées au public n'est pas isolée.
La semaine dernière (25 mai), une ONG française spécialisée dans la mesure de la radioactivité, la CRIIRAD, a demandé au gouvernement français d'enquêter sur ce qu'elle a qualifié de « graves dysfonctionnements » dans l'évaluation de l'impact de l'accident nucléaire de Fukushima en France. L'ONG a également mentionné le manque de communication avec la population.
Le nuage radioactif issu des réacteurs de la centrale du Fukushima a atteint la France deux jours avant la date indiquée. En outre, l'activité de l'iode 131 particulaire était plus de 20 fois supérieure à celle annoncée pour le 24 mars, selon les découvertes faites par l'ONG.
La CRIIRAD a abouti à ces conclusions après avoir analysé des données enregistrées par le Réseau national de mesures de la radioactivité de l'environnement (RNM), un organisme officiel.
Dans une lettre adressée au premier ministre français, François Fillon, et à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), la CRIIRAD remet surtout en question le travail de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) et demande qu'une enquête soit réalisée sur la chronologie des faits et les responsabilités des différents acteurs impliqués dans l'information du public à propos des retombées de Fukushima.
L'IRSN a toutefois réfuté ces accusations, affirmant que l'ONG était arrivée à ces conclusions sur base d'études qui correspondent à plusieurs jours de relevés plutôt qu'à une seule journée d'analyse, et a réaffirmé que les retombées avaient sans doute atteint la France le 24 mars, comme initialement annoncé.
La CRIIRAD a aussi condamné le manque d'accès aux données sur la contamination radioactive pour la population. Peu après le séisme et le tsunami qui ont frappé la centrale nucléaire japonaise le 11 mars, l'ONG a lancé une « pétition pour une transparence totale sur la radioactivité de l’air que nous respirons ».
Plus de deux mois après l'incident nucléaire, la compagnie d'électricité japonaise Tokyo Electric Power (Tepco) a admis la semaine dernière que trois des six réacteurs de la centrale étaient entrés en fusion dans les jours qui ont suivi le séisme et le tsunami. Cette annonce a suscité des questions quant à la raison pour laquelle l'ampleur du désastre n'avait pas été communiquée plus tôt.