Le manque d’investissements dans la défense compromet la sécurité, selon le président du Comité militaire de l’OTAN

L’incapacité des États membres de l’OTAN à consacrer davantage de budget à la défense pourrait compromettre les capacités de défense et de dissuasion de l’Alliance, avertit le président du Comité militaire de l’organisation.

Euractiv.com
Session 1 – 189th NATO Chiefs of Defence Meeting
L’amiral Rob Bauer, président du Comité militaire de l’OTAN, saluant le général de division Serhii Salkutsan, représentant militaire du Partenariat pour l’Ukraine. [[OTAN/EMI]]

L’incapacité des États membres de l’OTAN à consacrer davantage de budget à la défense pourrait compromettre les capacités de défense et de dissuasion de l’Alliance, avertit le président du Comité militaire de l’organisation.

« Si les pays ont besoin de plus de temps, s’ils ont moins d’argent, cela aura un impact sur la réalisation du scénario idéal », a expliqué l’amiral Rob Bauer, président du Comité militaire de l’OTAN, à la presse bruxelloise à l’issue d’une réunion mercredi (10 mai).

Le mois dernier, les alliés ont reçu un premier aperçu des plans de défense et de dissuasion actualisés de l’Alliance, qui décrivent les scénarios régionaux et l’état de préparation des forces armées dans tous les domaines — terrestre, aérien, maritime, cybernétique et spatial.

Ces plans devraient être adoptés lors du sommet de l’OTAN à Vilnius en juillet, après avoir reçu l’année dernière à Madrid le feu vert politique des membres de l’OTAN.

« La capacité de mise en œuvre des plans est le résultat de l’investissement, des forces disponibles en nombre suffisant et dans un état de préparation adéquat, […] et des capacités », a expliqué M. Bauer.

Ainsi, la capacité des alliés à dissuader toute agression et à défendre leur territoire et leur milliard de citoyens dépendrait de l’augmentation du recrutement, de la formation et des investissements, a-t-il poursuivi.

Cependant, « que cela nous plaise ou non, cela prendra du temps », a ajouté M. Bauer.

En effet, même si, en 2014, les membres se sont engagés à investir 2 % de leur PIB dans la défense, aujourd’hui, une majorité d’entre eux n’a toujours pas respecté cet engagement.

Investir dans la production

Lors du sommet de juillet, les membres de l’OTAN devraient également « convenir d’un nouvel engagement en matière d’investissement dans la défense, avec 2 % non pas comme un plafond que nous nous efforçons d’atteindre, mais 2 % du PIB comme minimum à investir dans notre défense », a affirmé le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg.

Les 31 alliés de l’OTAN travaillent également à la mise en place d’un nouveau « Plan d’action de la production de défense de l’OTAN », a indiqué M. Stoltenberg avant la réunion de mercredi.

Ce plan cherche à établir des lignes directrices pour la production d’équipements et à envoyer un signal à l’industrie pour qu’elle augmente sa capacité de production.

« Le plan permettra à l’OTAN de continuer à disposer des capacités dont elle a besoin. Nous avons besoin de ces investissements et de cette capacité de production maintenant et à plus long terme », a déclaré M. Stoltenberg.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]