Le mandat du secrétaire général de l’OTAN devrait être prolongé d’un an
Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, devrait rester à son poste une année de plus, ont confié quatre diplomates de l’Alliance à EURACTIV.
Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, devrait rester à son poste une année de plus, ont confié quatre diplomates de l’Alliance à EURACTIV.
M. Stoltenberg, à la tête de l’OTAN depuis octobre 2014, devait quitter son poste cet automne. Pourtant il devrait finir par rester un an de plus, selon des diplomates de l’Alliance.
Il est probable que son mandat soit prolongé ce mercredi (28 juin), a appris EURACTIV.
Le mandat de M. Stoltenberg a déjà été prolongé à deux reprises — une fois pour un second mandat complet et une seconde fois en mars 2022, juste après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Aucun des derniers noms évoqués comme successeurs potentiels — tels que ceux de la Première ministre danoise Mette Frederiksen, du ministre britannique de la Défense Ben Wallace ou du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez — ne semble avoir réussi jusqu’à présent à obtenir un large soutien parmi les 31 membres de l’OTAN.
Dans la mesure où le nouveau secrétaire général de l’OTAN doit être désigné par consensus à l’issue d’un processus de sélection opaque et complexe, aucune nomination n’a lieu sans accord politique préalable entre les membres de l’alliance militaire, surtout sans l’appui des quatre plus grands Alliés, à savoir la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les États-Unis.
M. Wallace a été le premier à se retirer de la course, suggérant que Washington souhaiterait que M. Stoltenberg reste en poste, comme l’a rapporté The Economist au début du mois.
On ne change pas de capitaine pendant une tempête
Certains diplomates de l’OTAN soulignent la capacité prouvée de M. Stoltenberg à gérer l’Alliance militaire à travers les crises.
« Il n’est pas prudent de changer de capitaine pendant une tempête », a indiqué un haut responsable de l’OTAN à EURACTIV lorsqu’il a été interrogé sur la décision à venir.
La prolongation donne à l’Alliance militaire occidentale plus de temps pour se concentrer sur son soutien à court et à long terme à l’Ukraine, plutôt que d’avoir à plonger dans un débat sur les candidats à la succession, ont déclaré les diplomates de l’Alliance.
Si la contre-offensive ukrainienne avait débuté plus tôt au printemps, la guerre aurait pu atteindre un tournant et permettre à Kiev de prendre l’avantage avant le sommet de l’OTAN à Vilnius à la mi-juillet, ont déclaré trois diplomates de l’OTAN.
Ce scénario aurait laissé suffisamment de temps pour ouvrir la porte à un nouveau secrétaire de l’OTAN, mais le retard dans le calendrier a poussé les Alliés de l’OTAN à repenser leur stratégie, ont-ils déclaré.
M. Stoltenberg a construit son héritage : il est devenu l’un des visages occidentaux qui guident l’Alliance militaire dans les moments critiques.
Surnommé par certains dans les couloirs de l’OTAN « celui qui murmurait à l’oreille de Trump », M. Stoltenberg a eu le mérite de maintenir l’unité entre les membres de l’Alliance et de maintenir à distance la colère de l’administration Trump concernant les faibles dépenses européennes en matière de défense et la réticence à se tourner vers l’Asie.
Les diplomates ont également salué le calme avec lequel il a géré la chute de Kaboul en 2021, le retrait des troupes de l’OTAN d’Afghanistan et la guerre en Ukraine au sujet de laquelle il n’a pas dit un mot de travers depuis son déclenchement, a déclaré un diplomate de l’alliance militaire.
C’est également lui qui a permis d’éviter que les Polonais ne déclenchent l’article 4 du traité de l’OTAN lorsqu’un missile a frappé une petite ville polonaise proche de la frontière ukrainienne, ont déclaré deux diplomates.
Interrogé sur son souhait de conserver son poste, M. Stoltenberg a déclaré au début du mois : « Je suis responsable de toutes les décisions que cette Alliance doit prendre, à l’exception d’une seule. Celle qui concerne mon avenir. C’est aux 31 Alliés de décider ».
Si M. Stoltenberg reste en poste jusqu’au 1er octobre 2024, le nom du prochain secrétaire général sera probablement mêlé au manège de l’attribution des postes à responsabilité de l’UE après les prochaines élections européennes, qui auront lieu en juin de l’année prochaine.
Ce scénario sous-entend également que le nouveau secrétaire général de l’OTAN n’arriverait au siège de l’organisation que quelques mois avant qu’un nouveau (ou ancien) président américain ne s’installe à la Maison-Blanche.
Toutefois, cette conjoncture donnerait à M. Stoltenberg la possibilité de faire ses adieux en bonne et due forme lors du sommet anniversaire de l’OTAN qui se tiendra à Washington en juillet 2024.
Néanmoins, certains membres ont souligné qu’une recherche prolongée d’un successeur pourrait créer des problèmes pour la prise de décision au sein de l’Alliance.
Cette situation « pourrait être considérée comme un énorme déficit démocratique si les Alliés ne parviennent pas à trouver un nouveau candidat de compromis », a souligné un quatrième diplomate de l’OTAN.