Le malaise du vice-président du Parlement remet en cause les méthodes de travail
Georgios Papastamkos venait de demander trois minutes de pause "pour raisons personnelles", après une séance de vote de plus de deux heures.
Georgios Papastamkos venait de demander trois minutes de pause « pour raisons personnelles », après une séance de vote de plus de deux heures.
Vers 14h30, mercredi 13 mars, le président de séance, Georgios Papastamkos, s’effondre dans l’hémicycle. Il vient de demander trois minutes de pause « pour raisons personnelles », alors que les députés sont sur le point de venir à bout d’une séance de votes de plus de deux heures.
Immédiatement, trois élus, médecins de formation, lui apportent les premiers secours avant qu’il ne soit dirigé vers l’hôpital de Strasbourg. Trente minutes sont toutefois nécessaires à l’ambulance pour arriver sur place.
Vers 16h, le président du Parlement européen, Martin Schulz annonce que l’état de M. Papastamkos est « grave » et que sa femme est en route pour la France. Le député grec est âgé de 58 ans.
Cet évènement provoque des remous dans les rangs de l’hémicycle. Certains députés questionnent le temps nécessaire aux secours pour arriver sur place et l’absence de premiers secouristes dans un Parlement qui accueille près de 3000 personnes une fois par semaine, tous les mois.
L’organisation des votes est aussi mise en cause, y compris par Martin Schulz. Il considère anormal d’avoir à examiner plus de 400 amendements lors d’une plénière, alors qu’il s’agit normalement du travail des commissions parlementaires.
Martin Schulz ne veut plus d’un vote avec autant d’amendements dans le futur. Veut changer la méthode de travail. #PE
— EURACTIV France (@EURACTIVFR) 13 mars 2013
Ce chiffre élevé s’explique par l’importance du vote sur la réforme de la Politique agricole commune, qui représente à elle seule 40% du budget de l’UE.
De nombreux députés ont cherché à modifier le vote jusqu’au dernier moment, en déposant de nouvelles modifications.
Contrairement aux autres assemblées européennes qui débattent d’un texte, puis votent, le Parlement déconnecte les deux. Il concentre les votes en trois plages horaires lors des semaines à Strasbourg (mardi, mercredi et jeudi midi).
Les députés votent donc parfois, à la chaîne, pendant deux heures ou plus.
Depuis plusieurs années, certains élus demandent une réforme du système, sans succès. L’agenda particulièrement chargé de cette session plénière de mars s’explique aussi par la fermeture de l’hémicycle de Bruxelles en raison de fissures dans le plafond.
En temps normal, les mini-sessions, d’une journée ou deux, organisées dans la capitale belge, permettent aux députés d’évacuer certains dossiers, allégeant la charge de travail à Strasbourg.