Le Maire lance un groupe de réflexion sur l’avenir de la PAC

Le ministre de l’Agriculture a réuni seize personnalités pour définir la politique agricole commune post-2013.

EURACTIV.fr
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Le ministre de l’Agriculture a réuni seize personnalités pour définir la politique agricole commune post-2013.

Le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, a lancé, merdredi 17 février, un groupe de réflexion sur l’avenir de l’agriculture européenne. Celui-ci devra répondre à trois questions : Pourquoi une agriculture en Europe? Comment l’agriculture peut-elle s’intégrer aux exigences de notre temps? Quels moyens donner à la politique agricole?

Les seize personnes qui composent le groupe de réflexion ne sont pas les acteurs habituels de la politique agricole. Bruno Le Maire a en effet demandé à des personnalités aussi différentes que le président du Crédit agricole, René Carron, le chef cuisinier du Bristol, Eric Frechon ou le PDG de Danone, Franck Riboud, de participer à la réflexion. 

«Quand je rencontre des agriculteurs, ils ont parfois l’impression que l’Europe a fait un choix libéral. Même si nous avons renversé la tendance, il reste encore à convaincre sur la force de cette PAC», a jugé le ministre. Il a affirmé que la France était décidé à prendre la tête de la réflexion sur l’avenir de la PAC en Europe.

Le lancement de ce groupe intervient quelques jours après l’entrée en fonction de la nouvelle Commission européenne. Le Roumain Dacian Ciolos, en charge de l’Agriculture, devra définir la future politique agricole commune, et circonscrire son budget. Deux sujets déjà abordés lors de son audition devant le Parlement européen, courant janvier.

Or, l’enveloppe budgétaire 2014-2019 commence à être discutée à Bruxelles, ainsi que les priorités qui seront assignées à la PAC correspondant à cette période. «Quelqu’un dans cette salle est-il capable de me dire quel est l’objectif de la PAC? Personne ne le sait», a lancé Bruno Le Maire lors de la réunion de présentation du groupe.

Le ministre a rappelé sa vision de la place de la régulation dans l’agriculture européenne. «Les marchés agricoles sont ceux qui font l’objet de spéculations les plus vives», a-t-il avancé. Le président de l’Autorité des marchés financiers, Jean-Pierre Jouyet, a été chargé de travailler sur les nouveaux instruments de régulation des marchés agricoles.

Fait du prince

«Derrière la question agricole, il y a celle de notre capacité à innover», a ajouté Bruno Le Maire, en précisant que «l’innovation doit faire partie de l’avenir agricole français».

Mais la composition du groupe fait grincer des dents. Pas un syndicaliste, par exemple, ne figure parmi ses membres. La Confédération paysanne dénonce «un attelage curieux» et un «casting dépendant du fait du prince». «Quelle légitimité à ce groupe franco-français pour discuter sur l’avenir de l’agriculture en Europe?», interroge le porte-parole de l’organisation, Philippe Collin. 

Bruno Le Maire a balayé ces critiques d’un revers de main. «J’ai trop de respect pour les organisations syndicales pour les noyer dans ce groupe», a répondu le ministre.

Interrogé sur la composition exclusivement française du groupe, le ministre de l’Agriculture a répondu que ce groupe était complémentaire des autres instances de réflexion. Avant d’ajouter : «Si j’avais fait venir un Allemand ici, vous m’auriez demandé pourquoi un Allemand, et pas un Anglais. Si ça avait été un Anglais, vous m’auriez interrogé sur l’absence des Allemands.»

Pour l’instant, le calendrier de travail de cette structure originale est plutôt flou. Les membres devraient échanger «sur une base mensuelle», et chacun devrait rendre une contribution avant le mois de juin 2010.