Le Luxembourg tient aussi à ses institutions européennes
La France n’est pas la seule à s’inquiéter d’une possible centralisation des institutions européennes à Bruxelles. Le Luxembourg compte bien défendre son pré carré.
La France n’est pas la seule à s’inquiéter d’une possible centralisation des institutions européennes à Bruxelles. Le Luxembourg compte bien défendre son pré carré.
Au printemps dernier, l’ancien ministre des Affaires européennes, Laurent Wauquiez s’était montré ferme dans le débat autour de la migration mensuelle des parlementaires vers Strasbourg. Pas question pour la France d’accepter le transfert d’une session plénière de plus vers Bruxelles, comme l’avaient souhaité les députés.
Strict respect
Selon les traités, le siège officiel du Parlement européen est la capitale alsacienne. L’affaire a donc été portée devant la Cour de justice de l’Union européenne.
Paris n’est pas seul dans ce combat. Le Luxembourg soutient aussi l’action en justice car il craint aussi que petit à petit, les institutions européennes ne quittent son territoire.
Un accord passé en 1965 et toujours repris jusque dans les traités actuels prévoit que le Luxembourg est le siège de la Cour des comptes, de la Cour de justice et de la Banque européenne d’investissement. Au total, ces administrations représentent 11 000 employés.
Un député luxembourgeois a dernièrement adressé une question sur ce sujet au ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn. La réponse du chef de la diplomatie du Grand-Duché ne laisse planer aucun doute. Il affirme qu’il œuvrera au strict respect des engagements européens.
Je m’en fous
Et les déclarations du printemps dernier du Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, ont le mérite d’être claires sur la détermination de son gouvernement : « Je ne suis pas inquiet et pour le reste, je m’en fous. Parce que le droit est le droit et les traités sont les traités. Et que certains ministres scandinaves qui ne savent pas que le Luxembourg existe ou que des fonctionnaires bien rémunérés à Bruxelles qui aiment dormir dans leur lit bruxellois soient gênés par le fait qu’ils aient à se déplacer (…). Je m’en fous ».
24 en moins
L’inquiétude est venue du départ de 24 des 28 fonctionnaires du cabinet du secrétaire général du Parlement européen vers Bruxelles. Mais pour Jean Asselborn, la construction actuelle d’un nouveau bâtiment administratif démontre bien l’ancrage de l’UE à Luxembourg.