Le lobbying français à Bruxelles : en progrès, mais peut mieux faire [FR]
Une conférence organisée au Parlement européen le 31 mai dernier a permis de dresser un état des lieux du lobbying français à Bruxelles : si une évolution positive semble être à l’œuvre depuis quelques années, beaucoup reste encore à faire pour rattraper le terrain perdu.
Une conférence organisée au Parlement européen le 31 mai dernier a permis de dresser un état des lieux du lobbying français à Bruxelles : si une évolution positive semble être à l’œuvre depuis quelques années, beaucoup reste encore à faire pour rattraper le terrain perdu.
Les représentants d’intérêts français à Bruxelles ont longtemps souffert de handicaps importants, au premier rang desquels un profond décalage entre les pratiques d’influence « à la française » et le lobbying tel qu’il se conçoit au niveau européen, ainsi qu’une relative méconnaissance du poids politique des institutions de l’UE au sein des cercles décisionnels parisiens.
Selon Anne Houtman (ancienne chef de cabinet adjoint du président Prodi), le lobbying français demeurerait ainsi un «lobbying de pouvoir plutôt que d’influence », reposant trop souvent sur l’intervention d’un ministre au sein du Conseil plutôt que sur un véritable travail de persuasion mené en amont de la prise de décision. Encore possible dans une Europe à 15, cette approche apparaît, de l’avis de la plupart des participants à la conférence, largement inadaptée au nouveau contexte créé par la naissance de l’Union élargie.
Les choses évoluent actuellement dans le bon sens : de plus en plus souvent issus d’une génération « née professionnellement à Bruxelles » (selon l’expression de Stéphane Desselas, directeur du cabinet Athénora Consulting), les lobbyistes français opérant au niveau européen sont désormais familiers de la règle du jeu en vigueur dans la capitale de l’UE. Il leur reste désormais à convaincre leur hiérarchie que le travail qu’ils effectuent revêt une importance capitale pour les structures qui les emploient, ont conclu plusieurs professionnels des affaires publiques.