Le leader des socialistes critique la réponse des dirigeants européens face à la crise

Pour combattre la crise, l'Europe a besoin d'un véritable plan d'attaque, ce que les dirigeants européens n'ont pas proposé lors de leur sommet des 8 et 9 décembre derniers, explique Sergueï Stanishev, le leader du Parti des socialistes européens (PSE).  

EURACTIV.com
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Pour combattre la crise, l'Europe a besoin d'un véritable plan d'attaque, ce que les dirigeants européens n'ont pas proposé lors de leur sommet des 8 et 9 décembre derniers, explique Sergueï Stanishev, le leader du Parti des socialistes européens (PSE).
 

M. Stanishev, qui a été élu à la tête du PSE le 24 novembre, assure que les éléments manquants importants des décisions prises lors du sommet sont l'attribution d'une licence bancaire au fonds de sauvetage européen, l'introduction d'euro-obligations, l'imposition d'une taxe sur les transactions financières, et un « véritable plan » pour l'investissement et la croissance.

« En réalité, les Etats se sont mis d'accord pour prolonger la politique qu'ils appliquent déjà depuis plus de deux ans et demi. Ces mesures ont été prises trop tard, et sont insuffisantes du point de vue des marchés. On peut d'ailleurs constater que les marchés n'ont pas réagi de manière très enthousiaste », a ajouté M. Stanishev, qui est également le dirigeant du parti socialiste bulgare et a accompagné son pays sur le chemin de l'adhésion à l'UE en 2007, lorsqu'il était premier ministre.

M. Stanishev a rejeté l'idée que la crise de la zone euro puisse être enrayée en grande partie par le biais de mesures budgétaires, insistant sur le fait que la stabilité ne pourrait être atteinte sans l'introduction de politiques visant à relancer la croissance et l'emploi.

« C'est la raison pour laquelle nous pensons [que] sans une combinaison de mesures coordonnées de la part de tous les Etats membres pour créer des conditions de croissance économique, nous serons condamnés a voir la récession arriver et à en subir les conséquences désastreuses pour l'ensemble des pays et des citoyens de l'Union européenne », a déclaré à EURACTIV M. Stanishev.

Le leader du PSE a réitéré ses craintes de voir s'établir une Europe à plusieurs vitesses et a fait quelques remarques ironiques sur le pouvoir du couple franco-allemand et sa gestion de la crise.

« Sur le fond, il semblerait que Mme Merkel ait pris le dessus, alors que la forme reste entre les mains de M. Sarkozy », a-t-il affirmé.

M. Stanishev a également critiqué la façon dont la « règle d'or », qui vise à limiter le déficit des pays de l'UE et devra être inscrite dans les constitutions nationales, a été rendue obligatoire lors du sommet.

« La population européenne se demande à présent si l'Union européenne est suffisamment démocratique. De fait, chaque pays et chaque citoyen portera sur ses épaules le fardeau des décisions qui ont été prises », a-t-il expliqué.

À propos de la position du PSE sur les manifestations en Russie contre des soupçons de fraude lors des élections parlementaires du 4 décembre, M. Stanishev a déclaré que les observateurs internationaux avaient effectivement relevé de nombreuses irrégularités.

« Je ne saurais vous indiquer l'ampleur exacte de ces irrégularités, mais je pense que de nombreux citoyens russes qui se sont rassemblés dans les villes ces derniers jours envoient un signal clair aux autorités : ils veulent des élections libres et justes dans le respect de la loi, ce qui représente un élément crucial en vue des prochaines élections présidentielles », a-t-il affirmé.

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