Le lancement de la présidence danoise perturbé par des vents contraires
Le Danemark entame officiellement son mandat à la tête du Conseil de l'UE aujourd'hui (12 janvier) et a fait de la création d'emplois verts l'une de ses priorités. Dans le même temps, l'entreprise danoise Vestas, le leader mondial dans le secteur des éoliennes, a annoncé qu'il supprimerait 2000 emplois d'ici la fin de l'année.
Le Danemark entame officiellement son mandat à la tête du Conseil de l'UE aujourd'hui (12 janvier) et a fait de la création d'emplois verts l'une de ses priorités. Dans le même temps, l'entreprise danoise Vestas, le leader mondial dans le secteur des éoliennes, a annoncé qu'il supprimerait 2000 emplois d'ici la fin de l'année.
L'annonce de ce licenciement massif a assombri la conférence de presse que la première ministre danoise, Helle Thorning-Schmidt, a donnée à Copenhague aux côtés du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.
Malgré une ambiance festive, toutes les questions des journalistes danois ont fait référence au licenciement de 2335 personnes par l'entreprise Vestas d'ici la fin de l'année dans le cadre d'un effort de réduction des coûts annoncé il y a déjà quelque temps.
La création d'emplois verts occupe une bonne place dans les objectifs de la présidence danoise. La croissance verte, la technologie verte et les normes vertes font partie des mots clés répétés à maintes reprises par divers représentants danois qui ont rencontré une soixantaine de journalistes bruxellois au cours de ces derniers jours.
Aux questions des journalistes sur ce licenciement, Mme Thorning-Schmidt a répondu qu'elle avait appris « la très très triste nouvelle » la veille. « Il s'agit de l'une des entreprises qui selon nous pouvaient nous permettre de faire les choses autrement », a-t-elle déclaré.
Elle a toutefois affirmé qu'elle restait persuadée que des investissements étaient nécessaire pour les technologies vertes et l'efficacité énergétique. Le Danemark et l'Europe devraient rester les leaders mondiaux dans les domaines de l'efficacité énergétique, des nouvelles technologies et des technologies vertes, « non seulement parce que nous pensons que c'est une bonne chose pour l'environnement, mais aussi parce qu'il s'agit d'un secteur porteur pour l'Europe », a expliqué Mme Thorning-Schmidt.
« C'est la raison pour laquelle nous tenons beaucoup à faire avancer ce dossier lors de notre présidence. C'est la marche à suivre et je suis sûre que malgré ce revers, il s'agit de la bonne approche. »
M. Barroso a déclaré qu'il ne connaissait pas les circonstances économiques exactes qui avaient mené à ces licenciements, mais il a ajouté qu'il connaissait bien Vestas pour avoir déjà visité l'entreprise.
« Soyons francs, il est très probable que ces licenciements soient le reflet de la crise globale qui ne touche pas seulement l'Europe », a-t-il affirmé.
Pour gérer le genre de situations auquel est confronté Vestas, M. Barroso a déclaré que si l'Europe souhaitait réellement respecter son programme en matière d'efficacité énergétique, des moyens réglementaires devraient permettre d'ouvrir de nouveaux marchés dans ce secteur.
« Soyons honnêtes, c'est une mauvaise nouvelle », a reconnu M. Barroso. Il a toutefois ajouté que la nouvelle ne devrait pas distraire l'Union des objectifs qu'elle s'est fixés en matière d'efficacité énergétique et de diversification des énergies.
En réaction à certaines allusions quant au fait que les emplois perdus iraient en Chine, M. Barroso a affirmé que le côté positif de l'histoire était que Beijing investissait davantage dans les énergies renouvelables et les énergies propres.
« Si l'on veut sauver la planète et lutter contre le changement climatique, nous devrions nous réjouir que d'autres commencent à s'intéresser à cet objectif commun », a-t-il déclaré.
La Commission se prononcera sur la Hongrie mardi
Interrogé sur les apparentes dérives autoritaires en Hongrie, où le gouvernement a récemment adopté une nouvelle constitution controversée qui mettrait en péril des libertés fondamentales, M. Barroso a évité toute considération politique. La Commission a adopté une approche légaliste à ce sujet, a-t-il précisé.
Il a affirmé que l'exécutif européen était en train de terminer son analyse des lois adoptées récemment par le gouvernement hongrois et qu'il publierait ses conclusions sur la compatibilité de ses lois avec le droit européen le 17 janvier.
La Commission est prête à user de tous ses pouvoirs pour s'assurer que la Hongrie respecte les règles, les valeurs et les principes de l'UE.