Le label vert de l’UE pour le gaz « n’est pas nécessaire », selon le vice-chancelier allemand
Lors d’une visite à Bruxelles mardi 25 janvier, le vice-chancelier allemand a réitéré son opposition à l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie verte de l’UE, affirmant qu'il n'y avait nul besoin d’un label d’investissement vert pour l’énergie atomique.
Lors d’une visite à Bruxelles mardi 25 janvier, le vice-chancelier allemand a réitéré son opposition à l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie verte de l’UE, affirmant que « nous n’avons pas besoin » d’un label d’investissement vert pour l’énergie atomique — ni pour le gaz d’ailleurs.
En décembre, la Commission européenne a présenté des propositions visant à qualifier le gaz et l’énergie nucléaire de sources d’énergie « transitoires » dans le cadre de la taxonomie verte de l’UE, qui régit les types d’investissements pouvant être considérés comme « verts ».
Mais M. Habeck, le membre le plus ancien du parti des Verts dans la coalition allemande, a déclaré que ces règles n’étaient pas nécessaires.
La proposition, « qui, à mon avis, contredit l’idée même de la taxonomie en désignant le gaz et le nucléaire comme éligibles aux marchés financiers n’aurait pas été nécessaire », a déclaré M. Habeck à Bruxelles mardi 25 janvier.
« Nous n’en avons pas besoin », a-t-il insisté.
Toutefois, si la proposition était adoptée, elle devrait être plus spécifique au gaz, a poursuivi le vice-chancelier, affirmant que la taxonomie ne devrait ni « sur-subventionner ni sous-subventionner » le gaz fossile.
Bien que le gaz ne soit pas un combustible de destination, l’Allemagne et d’autres pays auront besoin d’une « infrastructure de centrales électriques capables de brûler des combustibles gazeux » dans le cadre de la transition vers une économie sans carbone alimentée par des énergies renouvelables, a-t-il souligné.
Dans ses commentaires à Bruxelles sur la taxonomie verte de l’UE, Berlin a demandé à la Commission européenne de supprimer les exigences qui prévoient une part de 55 % d’hydrogène ou de biométhane mélangé aux centrales électriques au gaz d’ici 2030. Pour 2026, cette part serait de 30 %, selon le projet de la Commission.
Toutefois, ces objectifs « ne sont pas réalisables de manière réaliste », a averti Berlin dans une lettre envoyée à Bruxelles vendredi 21 janvier.
« Une fois que nous aurons de l’hydrogène, ce ne sera probablement pas la chose la plus intelligente à faire de le brûler », a expliqué M. Habeck, notant que l’industrie pourrait réaliser des économies de CO2 bien plus importantes que le secteur de l’énergie si elle passait à l’hydrogène.
Concernant le nucléaire, M. Habeck s’en tient à la ligne du gouvernement : « Si l’énergie nucléaire reste dans la taxonomie telle qu’elle est proposée, l’Allemagne devrait voter non ».
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Ukraine et crise du gaz
M. Habeck a rencontré la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, au lendemain de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE à Bruxelles, qui avait pour but de coordonner une réponse au renforcement militaire de la Russie à la frontière ukrainienne.
La question principale à l’ordre du jour était « les possibilités ou plutôt la nécessité de réagir à une escalade du conflit par des sanctions », a déclaré M. Habeck aux journalistes devant l’emblématique bâtiment Berlaymont de la Commission européenne.
Toutefois, la dépendance de l’Allemagne à l’égard des importations de gaz en provenance de la Russie reste une considération importante dans le conflit qui se développe, alors que l’Europe continue de se débattre avec une crise énergétique causée par des pénuries de gaz fossile et de faibles niveaux de stockage.
Alors que les prix de l’énergie atteignent un niveau sans précédent, les appels au contrôle des prix ou à la modification des mécanismes du marché ont trouvé peu d’écho à Berlin. « Nous voulons un mécanisme axé sur le marché », a-t-il expliqué, ajoutant que le prix élevé était dû « à la demande de gaz et d’énergies fossiles », ce qui pousserait le marché vers des énergies renouvelables moins chères.
M. Habeck a également évoqué à Bruxelles « la sécurité d’approvisionnement et la situation de l’Europe et de l’Allemagne dans la perspective des livraisons de gaz », a-t-il précisé. Un autre sujet est « la stratégie pour devenir plus indépendant des énergies fossiles. »
« Nous voyons maintenant que les questions géopolitiques et de sécurité se combinent avec les deux crises majeures de notre époque. La politique climatique, l’abandon progressif des énergies fossiles, renforce aussi l’Europe sur le plan géopolitique et protège le climat. »
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Accélération de la législation européenne sur le climat
Le paquet législatif européen sur l’énergie et le climat « Fit for 55 », présenté en juillet par la Commission européenne, vise à réduire de 55 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 1990.
Le voyage de M. Habeck à Bruxelles lui a donné l’occasion d’échanger en personne avec les hauts responsables de la Commission.
Accompagné de l’ancien législateur européen Sven Giegold, qui est aujourd’hui le bras droit de M. Habeck pour les affaires européennes, le vice-chancelier a noté que la France « veut avancer avec beaucoup d’ambition » sur le paquet « Fit for 55 » pendant sa présidence tournante de six mois du Conseil des ministres de l’UE.
L’ambition française ne se limite pas à un seul aspect, mais comprend « tous les domaines : les bâtiments, l’efficacité énergétique, les transports, mais aussi des dossiers compliqués comme le CBAM, le mécanisme international d’ajustement aux frontières pour le carbone », a expliqué M. Habeck.
« Nous savons, bien sûr, grâce à tous les processus européens, combien il est toujours compliqué de réunir tous les États membres sous un même toit, et la grande ambition est alors parfois rapidement réduite à néant. »
Néanmoins, M. Habeck s’est dit « plein d’espoir » que les négociations puissent être conclues rapidement dans certains domaines.
« En ce qui concerne la directive sur les énergies renouvelables et la directive sur l’efficacité énergétique, je pense qu’un consensus peut être trouvé relativement rapidement ».
Les remarques de M. Habeck font écho aux demandes du député européen européen écologiste Michael Bloss, qui a appelé les institutions européennes à accélérer les directives sur les énergies renouvelables et sur l’efficacité énergétique.