Le Kosovo propose un plan en cinq points pour désamorcer les tensions avec la Serbie
Le Premier ministre kosovar a proposé un plan pour désamorcer les tensions avec la Serbie voisine et dans le nord du Kosovo à la suite de plusieurs semaines de troubles et d’instabilité qui ont menacé de faire dérailler les efforts occidentaux pour normaliser les relations entre Belgrade et Pristina.
Le Premier ministre kosovar Albin Kurti a proposé un plan pour désamorcer les tensions avec la Serbie voisine et dans le nord du Kosovo, une région à majorité serbe, à la suite de plusieurs semaines de troubles et d’instabilité qui ont menacé de faire dérailler les efforts occidentaux pour normaliser les relations entre Belgrade et Pristina.
Dans une lettre adressée au chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, datée du 12 juin et consultée par EURACTIV, M. Kurti propose un plan visant à réduire les tensions dans le nord du pays et mentionne la volonté d’y organiser de nouvelles élections.
Cette décision intervient après que les tensions dans le nord du Kosovo entre les Albanais du Kosovo et la population d’origine serbe — une petite partie de la population du pays qui se trouve majoritaire dans le nord — aient donné lieu à des actes de violence ces dernières semaines, incitant l’OTAN à déployer 700 soldats de la paix supplémentaires dans la région.
L’UE et les États-Unis ont menacé les deux parties de « conséquences négatives » si les tensions ne se dissipaient pas, même si les critiques semblent avoir davantage été adressées à M. Kurti qu’au président serbe Aleksandar Vučić.
Cette nouvelle escalade entre Belgrade et son ancienne province, qui a déclaré son indépendance en 2008, survient trois mois après que les deux parties sont parvenues à une entente sur la mise en œuvre de l’accord soutenu par l’UE visant à normaliser les relations.
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Le plan de Albin Kurti
Le premier point du plan de M. Kurti concerne le rétablissement de l’État de droit dans les quatre municipalités du nord du Kosovo dominées par les Serbes.
« La situation dans le nord n’est pas normale depuis longtemps, mais l’escalade du 29 mai fait qu’il est urgent de traduire en justice tous ceux qui ont eu recours à la violence contre la police du Kosovo, la KFOR et les médias », peut-on lire dans la lettre.
La deuxième étape consisterait à « retirer immédiatement les groupes violents » du territoire du Kosovo et à mettre fin à tout acte criminel contre les institutions kosovares.
Selon le plan proposé, cela inclurait également un « déclassement » des forces de police kosovares dans trois bâtiments municipaux du nord du Kosovo.
Le troisième point demande à la police du Kosovo, à la mission de l’OTAN (KFOR) et à la mission « État de droit » de l’Union européenne (EULEX) de « procéder à des évaluations conjointes de la sécurité tous les 15 jours afin de garantir un environnement sûr et sécurisé pour tous et de soutenir les mesures relatives à l’État de droit ».
Le quatrième point demande à Pristina de « se coordonner avec tous les acteurs et d’annoncer des élections anticipées dans les quatre municipalités du nord ».
Le dernier point demande au Kosovo et à la Serbie de retourner au dialogue sous la médiation de l’UE et à Bruxelles d’élaborer un plan de mise en œuvre des accords.
L’UE doit « veiller à ce que la mise en œuvre de l’accord de base et de son annexe sur la mise en œuvre fasse l’objet d’un plan séquentiel juste et équilibré ».
Dans sa lettre à M. Borrell, M. Kurti a également indiqué que le président serbe Aleksandar Vucič et lui-même pourraient se rencontrer à Bruxelles cette semaine, bien qu’il n’y ait pas eu de confirmation immédiate de la part de l’UE au moment de la publication de cet article.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]