Le Kosovo exigera des pièces d’identité temporaires pour les Serbes à partir du 1er août
À partir de lundi (1er août), les citoyens serbes se rendant au Kosovo devront remplacer leur passeport par une carte d’identité temporaire pour la durée de leur visite. Cette mesure s’inscrit dans une logique de réciprocité annoncée par le Premier ministre Abin Kurti.
À partir de lundi (1er août), les citoyens serbes se rendant au Kosovo devront remplacer leur passeport par une carte d’identité temporaire pour la durée de leur visite. Cette mesure s’inscrit dans une logique de réciprocité annoncée par le Premier ministre Abin Kurti.
Belgrade ne reconnaît pas le Kosovo, son ancienne province qui a déclaré son indépendance en 2008, et le pays a demandé à ses citoyens de fournir une carte d’identité temporaire pour leur visite en Serbie.
La décision, initialement annoncée en juin, sera appliquée pour tous les passages de Serbes à la frontière du pays à partir du 1er août.
Le Kosovo était une province de Serbie avant une guerre sanglante qui s’est déroulée de 1998 à 1999 et au cours de laquelle le régime génocidaire de Slobodan Milošević a causé la mort de plus de 13 000 personnes et poussé plus de 1,4 million d’Albanais de souche à fuir.
En vertu des nouvelles règles annoncées, les Serbes qui se rendent au Kosovo recevront une carte d’identité temporaire, valable 90 jours, qu’ils pourront utiliser dans les institutions gouvernementales.
La nouvelle a suscité l’indignation en Serbie, le président Aleksandar Vucic affirmant que M. Kurti préparait une attaque contre les Serbes du nord du Kosovo, sans toutefois fournir de preuves.
La partie nord du Kosovo est peuplée de Serbes de souche qui, jusqu’en 2013, ont refusé de reconnaître l’indépendance du Kosovo. Un accord négocié par l’UE a officiellement mis fin à une assemblée et à des structures parallèles dans le nord du Kosovo, mais il n’a pas été pleinement respecté.
L’introduction de cartes d’identité temporaires est la deuxième mesure de réciprocité que M. Kurti a imposée à la Serbie depuis son accession au pouvoir.
En septembre 2021, son gouvernement a exigé que les voitures portant des plaques d’immatriculation serbes acquièrent des permis délivrés par le Kosovo.
La question des plaques d’immatriculation découle d’un accord bilatéral signé en 2011, en vertu duquel les voitures de chaque pays étaient censées pouvoir continuer à utiliser leurs propres plaques d’immatriculation sur le territoire de l’autre.
Cependant, la Serbie a violé cet accord dès le départ, exigeant que les véhicules immatriculés au Kosovo utilisent des plaques serbes temporaires lorsqu’ils traversent la frontière.
Lorsque l’accord a expiré, le Kosovo a simplement rendu la pareille à la Serbie.
La Serbie a riposté en envoyant des troupes à sa frontière avec le Kosovo et en suscitant des protestations parmi les Serbes du Kosovo.
Si les deux parties ont signé un accord temporaire — les véhicules circulant entre les deux pays devant apposer des autocollants sur leurs plaques d’immatriculation pour masquer les noms et les drapeaux des pays — elles n’ont pas réussi à trouver une solution permanente.
Le gouvernement de Pristina a également appelé les Serbes vivant dans le nord à remplacer leurs plaques d’immatriculation émises par la Serbie par des plaques du Kosovo plutôt que de continuer à utiliser des autocollants.
Échec du dialogue entre le Kosovo et la Serbie sur les plaques d’immatriculation
Le Kosovo et la Serbie n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur la question…
5 minutes
Depuis plus de dix ans, le Kosovo et la Serbie sont engagés dans un dialogue sous l’égide de l’UE, visant à normaliser leurs relations. Malheureusement, les progrès sont rares et la plupart des accords signés n’ont pas été mis en œuvre.
L’Union européenne considère la reconnaissance du Kosovo par la Serbie comme une condition à l’adhésion du pays à l’UE. Néanmoins, Belgrade continue d’insister sur le fait qu’elle ne reconnaîtra jamais son ancienne province, qu’elle appelle Kosovo-et-Métochie.
Outre la Serbie, certains États membres de l’UE (Grèce, Chypre, Slovaquie, Roumanie et Espagne) ne reconnaissent pas l’indépendance du Kosovo.