Le Kosovo et la Serbie doivent trouver un compromis

La Serbie et le Kosovo doivent à tout prix entrer dans des discussions franches sans intervention extérieure et trouver un compromis pour parvenir à un accord s'ils veulent progresser sur le chemin de l'intégration européenne, conclut un rapport publié le 26 août par l'International Crisis Group (ICG), une ONG qui conseille les gouvernements sur la résolution des conflits.

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La Serbie et le Kosovo doivent à tout prix entrer dans des discussions franches sans intervention extérieure et trouver un compromis pour parvenir à un accord s'ils veulent progresser sur le chemin de l'intégration européenne, conclut un rapport publié le 26 août par l'International Crisis Group (ICG), une ONG qui conseille les gouvernements sur la résolution des conflits.

Une attitude publique plus réaliste est perçue comme l'une des clés pour arriver à une résolution mutuellement satisfaisante du conflit qui dure depuis dix ans, dit le rapport.

La Serbie répète continuellement qu’elle ne reconnaîtra pas la « déclaration unilatérale d’indépendance » du Kosovo datant de 2008. Selon l’ICG, pourtant, le pays ne devrait pas faire l’autruche et devrait assurer des relations plus proches avec Pristina afin de soutenir l’état de droit dans la partie nord du Kosovo, où vit une minorité importante de Serbes.

Choisir de ne pas agir face à une telle opportunité risquerait de geler le conflit pendant plusieurs années, selon Marko Prelec, directeur du ICG Balkans Project, qui prévient que le conflit pourrait alors être utilisé pour mobiliser l’opinion nationaliste et détourner les critiques de la corruption domestique et des défaillances du gouvernement.

La méfiance mutuelle et les agendas incompatibles ont été identifiés comme les deux facteurs majeurs empêchant un approfondissement des relations des deux cotés.

La Serbie a présenté une demande en vue de poser sa candidature pour l’adhésion européenne et l’on s’attend à ce que celle-ci arrête d’empêcher la participation du Kosovo dans les institutions régionales si elle souhaite que sa demande soit prise en compte. Jeudi dernier, le ministre des affaires étrangères allemand Guido Westerwelle a dit à Belgrade que la route vers l’adhésion à l'UE passe par la réconciliation avec le Kosovo.

La même idée est développée dans le rapport de l’ICG. Si la Serbie cherche réellement un progrès signifiant, celle-ci doit mettre ses cartes sur la table et traiter le Kosovo en égal ; et Pristina devrait examiner avec attention ce que Belgrade a à lui offrir, déclaré Prelec.

Une des propositions les plus controversées discutées dans le rapport concerne la possibilité d’un échange de terres entre la partie nord du Kosovo qui est ethniquement serbe et la portion albanaise de la vallée Preševo en Serbie, une idée soutenue par l’ICG, bien qu’elle ne soit pas à l’agenda des capitales de l’UE ou de ses institutions.

Une plus grande autonomie pour le nord et le statut d’indépendance pour les sites de l’Eglise Orthodoxe serbe, ainsi que cela a été présenté dans le plan d’Ahtisaari, en échange de la reconnaissance serbe du Kosovo, devrait être acceptable pour les deux parties, selon l’ICG.

Sabine Freizer, directrice du Programme Europe de l’ICG, pense qu’une solution à l’impasse Belgrade-Pristina viendrait le plus probablement sans médiation directe étrangère.

La meilleure politique pour les amis du Kosovo est de faciliter l’opportunité pour que les partis s’engagent dans un dialogue franc et ouvert, sans contraintes et sans agendas imposés ou limités par l’extérieur, conclu le rapport.

Selon l’ICG, rien d'autre que la reconnaissance serbe de l’indépendance du Kosovo, à travers une certaine forme de relations diplomatiques et à terme une reconnaissance formelle et entière, ne pourrait influencer les Etats membres de l’UE ou les membres du Conseil de sécurité des NU qui demeurent opposés, notamment l’Espagne, la Grèce, la Russie et la Chine.