Le Kosovo accuse des « groupes serbes illégaux » d’être à l’origine d’une attaque à la frontière avec la Serbie
Des policiers kosovars patrouillant à la frontière serbe avaient été la cible de tirs le week-end dernier (31 juillet). Le gouvernement kosovar a rejeté la faute sur des « groupes serbes illégaux».
Des policiers kosovars patrouillant à la frontière serbe avaient été la cible de tirs le week-end dernier (31 juillet), dans une région du pays marquée par des conflits ethniques et des activités de contrebande. Le gouvernement kosovar a rejeté la faute sur des « groupes serbes illégaux».
Les tensions entre les deux pays voisins des Balkans occidentaux, le Kosovo et la Serbie, se sont récemment exacerbées et ont atteint leur paroxysme la semaine dernière lorsque le Kosovo a déclaré qu’il obligerait les voitures portant des plaques d’immatriculation serbes à les remplacer par des plaques temporaires du Kosovo à leur entrée dans le pays. De plus, les ressortissants serbes entrant au Kosovo devront présenter un document supplémentaire.
Bien que ces deux mesures reflètent celles déjà en place pour les citoyens du Kosovo entrant en Serbie, Belgrade a vivement réagi. Par ailleurs, en raison de l’intervention de l’UE et des États-Unis, la décision a été reportée au 1er septembre dans le cadre du processus de dialogue en cours.
La police a déclaré que sa patrouille avait été la cible des tirs près de la ville de Zubin Potok alors qu’elle tentait de mettre un bateau à l’eau sur le lac de Gazivode, faisant partie de la frontière.
« Il y a eu au moins 10 tirs… ils ont frappé près d’un bateau de la police, mais personne n’a été blessé », ont-ils déclaré dans un communiqué.
Le ministre kosovar de l’Intérieur, Xhelal Svecla, a accusé dimanche la Serbie, affirmant que des groupes illégaux tentaient de « perturber le travail des autorités kosovares ».
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Une journaliste russe arrêtée à la frontière
Le ministre a également affirmé que l’arrestation d’une journaliste russe qui tentait de traverser la frontière entre la Serbie et le Kosovo était la preuve que Moscou soutenait Belgrade dans ses efforts pour déstabiliser la région.
M. Svecla a confirmé que la journaliste russe Daria Aslamova avait été arrêtée à la frontière car elle était soupçonnée d’être une espionne, et que les autorités chargées de la sécurité menaient des recherches « sur ses intentions. »
« De nombreux pays ont prouvé qu’elle se livrait à l’espionnage pour le compte des services de renseignement militaire russes et qu’elle se faisait passer pour une journaliste », a déclaré M. Svecla dans un communiqué de presse, ajoutant qu’elle avait été désignée persona non grata pour cinq ans.
Mme Aslamova est une envoyée spéciale du quotidien russe Komsomolskaya Pravda, connu pour ses positions pro-Kremlin. Elle a également travaillé en Ukraine en tant que correspondante de guerre pour une chaîne de propagande nommée Tsargrad.
Des rencontres à venir à Bruxelles
Les dirigeants des deux pays, le président serbe Aleksandar Vucic et le premier ministre kosovar Albin Kurti, se rencontreront à Bruxelles le 18 août pour un dialogue appuyé par l’UE en vue de désamorcer les tensions.
Le dialogue mené depuis 11 ans sous l’égide de l’UE n’a toujours pas donné de résultats tangibles, et la question de la souveraineté du Kosovo n’a jamais été mise sur la table.
Le Kosovo est reconnu par plus de 100 pays, mais pas par la Serbie, la Russie, la Chine et certains membres de l’UE tels que l’Espagne, Chypre, la Roumanie, la Grèce et la Slovaquie.
La paix fragile que connaît le Kosovo est maintenue par la mission KFOR de l’OTAN, qui compte 3 770 soldats sur le terrain. L’OTAN se contente pour l’instant de surveiller la situation, mais s’est dite prête à intervenir conformément à son mandat si la stabilité était compromise.