Les principales actualités de la semaine
Pour approfondir
- Petits réacteurs nucléaires : ce que l’UE doit faire, selon le patron de NUWARD – Paul Messad
- L’Europe en feu : tendances en matière d’incendies de forêt dans l’UE et moyens de prévention (en anglais) – Esther Snippe and Valentina Romano
- Emballage alimentaire : le jetable plus écologique que le réemploi ? – Paul Messad
- L’UE souhaite une flexibilité des réseaux électriques locaux d’une valeur de plusieurs milliards d’euros (en anglais) – Frédéric Simon
- Souveraineté énergétique : la politique de concurrence de l’UE doit évoluer, selon Antoine Armand – Paul Messad
- Guerre en Ukraine : la pression monte sur l’UE pour qu’elle sanctionne Rosatom – Alexandra Brzozowski
L’actualité en bref
Selon un rapport, 130 milliards de dollars seraient nécessaires chaque année pour éviter la déforestation. Le coût de la protection des forêts présentant un risque élevé de déforestation d’ici à 2030 s’élèverait à plus de 130 milliards de dollars par an, selon un nouveau rapport de la Commission pour la transition énergétique (CTE).
Intitulé « Financing the transition : the costs of avoiding deforestation » (Financer la transition : le coût de la prévention de la déforestation), le nouveau rapport de la CTE évalue l’ordre de grandeur des paiements concessionnels et des subventions nécessaires pour dédommager les propriétaires terriens qui n’abattent pas les forêts tropicales à des fins lucratives (par exemple, pour élever du bétail ou cultiver des produits de base). Actuellement, le montant total des financements nationaux et internationaux destinés à la protection des forêts ne dépasse pas deux à trois milliards de dollars par an, selon le rapport.
Le montant nécessaire estimé à 130 milliards de dollars est tout simplement trop important. Il n’est pas raisonnable de supposer que des paiements concessionnels et des subventions d’une telle ampleur, qui seraient financés par les entreprises au moyen de marchés volontaires du carbone, de la philanthropie et des pays à revenu élevé, se matérialiseront un jour, affirme la Commission pour la transition énergétique.
Pour mettre un terme à la déforestation, le rapport affirme qu’une combinaison d’actions financières et non financières est nécessaire. La demande des consommateurs devrait baisser, notamment en ce qui concerne les principaux produits qui rendent la déforestation rentable, comme la viande. Le développement d’activités commerciales alternatives qui peuvent tirer parti du patrimoine forestier — par exemple, l’écotourisme et l’agroforesterie durable — serait également profitable.
En outre, les gouvernements ont la responsabilité de rendre la déforestation illégale, en conjuguant cette responsabilité à une application efficace de la loi.
« Sans un flux important de paiements concessionnels/subventions, toute réduction de la déforestation arrivera trop tard pour permettre de limiter le réchauffement de la planète à bien moins de 2 °C, et encore moins à 1,5 °C. Toutefois, le financement ne peut être le seul [moyen utilisé] pour mettre fin à la déforestation », a commenté Adair Turner, président de la Commission pour la transition énergétique. Lire le rapport complet ici. (Valentina Romano | EURACTIV.com)
////
D’après une étude, les énergies renouvelables présentent une empreinte métallique inférieure à celle des combustibles fossiles. Une étude récente menée par l’ONG berlinoise PowerShift indique que la production d’énergie renouvelable ne nécessite pas une quantité de métaux beaucoup plus importante que les combustibles fossiles. Au contraire, certaines technologies d’énergie renouvelable, notamment les systèmes solaires photovoltaïques, affichent des performances nettement supérieures en termes d’empreinte métallique par rapport aux centrales à combustibles fossiles.
L’exploitation minière entraîne des répercussions considérables sur l’environnement et provoque des conflits sur l’utilisation de l’eau et des terres, la pollution et la destruction des forêts tropicales, en plus d’être également responsable d’environ 10 à 15 % des émissions mondiales de CO2, selon PowerShift.
Pour y remédier, une « transition des matières premières » est nécessaire, selon l’étude intitulée « Metals for the Energy Transition » (Métaux pour la transition énergétique). « Il faut tout d’abord que les matières premières métalliques, y compris celles nécessaires aux technologies des énergies renouvelables, soient extraites dans le respect des normes environnementales et sociales les plus strictes. En outre, il est essentiel de réduire la consommation absolue de matières premières métalliques, par exemple au moyen d’objectifs sectoriels », explique Michael Reckordt, expert en matières premières chez PowerShift.
Parallèlement, le développement d’une économie circulaire mettant l’accent sur la durabilité, la réparabilité et la conception de produits axés sur le recyclage des matières premières sera un élément essentiel. En effet, de nombreuses centrales solaires et éoliennes seront remplacées en Allemagne au cours des prochaines années, ce qui entraînera de grandes quantités de déchets recyclés provenant de cette industrie. Plus d’informations ici et ici. (Valentina Romano | EURACTIV.com)
////
Des ONG s’inquiètent du manque d’intégration du public dans les plans nationaux en matière d’énergie et de climat. Plus de 35 ONG ont envoyé une lettre à la Commission européenne jeudi (20 avril) pour exprimer leur « profonde inquiétude » quant au manque de possibilités de participation du public dans les processus de rédaction des plans nationaux en matière d’énergie et de climat (NECP) mis à jour par les États membres de l’UE.
Ces plans doivent être soumis d’ici juin de cette année et couvrir la période comprise entre 2021 et 2030. Selon le règlement sur la gouvernance, les pays de l’UE doivent mettre en place deux types de processus de consultation, pourtant 14 pays de l’UE sur 23 n’ont encore entamé aucune forme de consultation publique, selon un rapport du Climate Action Network Europe et du WWF.
Les organisations de la société civile appellent la Commission européenne à user de son influence et de ses ressources pour remédier au manque de prise de décision démocratique et à veiller à ce que les pays respectent la loi et intègrent les citoyens dans le processus des plans en question. Lire la lettre ici. Le rapport complet est disponible ici. (Valentina Romano | EURACTIV.com)
Agenda
MAI
- 17 MAI. Mesures visant à réduire les rejets de microplastiques dans l’environnement.
JUIN
- JUIN. Vote en plénière du Parlement européen sur la loi européenne sur la restauration de la nature.
- 6-7 JUIN. Semaine verte de l’UE.
- 19 JUIN. Conseil « Énergie ».
- 20 JUIN. Conseil « Environnement ».
- 21 JUIN. Paquet pour un fret plus vert.
- 29 et 30 JUIN. Conseil européen.
- 30 JUIN. Date limite pour la mise à jour par les États membres européens de leurs plans nationaux pour l’énergie et le climat (PNEC) révisés
DEUXIÈME SEMESTRE 2023
- Q4. Révision du règlement Enregistrement, évaluation, autorisation et restriction des substances chimiques (règlement REACH).
- 26 et 27 OCTOBRE. Conseil européen.
- 30 NOVEMBRE—12 DÉCEMBRE. Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP28), Dubaï.
- 14 et 15 DÉCEMBRE. Conseil européen.