Le Green Brief : l'Europe, après la « vague verte »

En 2019, l’UE fut marquée par une « vague verte » se traduisant par un nombre sans précédent d’eurodéputés écologistes au Parlement européen. Mais les perspectives s’annoncent mois réjouissantes pour les élections de juin. Quel héritage laissent-ils ?

EURACTIV
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En 2019, l’UE fut frappée par une « vague verte », se traduisant par un nombre sans précédent d’eurodéputés écologistes au Parlement européen. En quelques semaines, le climat est devenu une priorité absolue dans le budget de l’UE. Les dirigeants ont même été poussés à trouver un accord sur les objectifs climatiques à l’horizon 2050, le fameux Green deal.

Mais lorsque le dernier citoyen votera le 9 juin prochain, la vague aura reflué. Les Verts devraient en effet perdre environ 15 sièges, passant de 71 à une cinquantaine. Quel héritage laissent-ils ?

D’abord, le Green deal et l’objectif intermédiaire de réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’UE de 55 % d’ici à 2030 par rapport à 1990, qu’une partie des Verts européens n’a pas voté par manque d’ambition, ont engagé une marche sans retour en arrière possible.

Avec les nouvelles énergies éolienne (+31 % de capacité) et solaire (+113 %) remplaçant principalement les combustibles fossiles, le mix énergétique européen est désormais 15 % plus propre qu’en 2019, relève une récente analyse du groupe de réflexion sur l’énergie propre Ember.

Dans le même temps, le PIB de l’UE a augmenté de 65 % depuis 1990. Preuve s’il en est que la réduction des émissions n’a pas entravé la croissance.

Outre les renouvelables, le système d’échange de quotas d’émission (SEQE) de l’UE est la vedette du spectacle. Couvrant la production d’électricité, l’industrie et l’aviation, soit 40 % de l’économie, ce système a permis de réduire les émissions plus rapidement que toute autre mesure prise par l’UE, avec une diminution de 47 % depuis 2005, renforcée par un record en 2023.

Ce système qui a fait ses preuves sera étendu au transport routier et au chauffage domestique à partir de 2027 avec le SEQE2, ce qui permettra de couvrir environ 70 % des émissions totales de l’UE. Les coûts seront assumés par les citoyens, la charge administrative par les vendeurs de combustibles fossiles.

« L’UE a été et peut rester un laboratoire pour une mise en œuvre efficace et équitable de la politique climatique », écrit Jos Delbeke, ancien haut fonctionnaire de l’Union chargé du climat, dans un nouveau livre – à lire absolument – coécrit avec des collègues spécialistes du climat.

Point noir au tableau : la vague verte ne semble pas avoir touché la question de la protection de l’environnement.

Les règles visant à limiter l’impact de l’agriculture sur la faune et la flore, telles que les règles sur l’utilisation durable des pesticides ou les limites d’émissions industrielles, ont été affaiblies ou rejetées d’emblée. Une tentative visant à obliger les agriculteurs à laisser 4 % de leurs terres en jachère — tout en étant rémunérés — s’est soldée par un échec.

Le président du Parti populaire européen (PPE) de centre-droit au Parlement européen, Manfred Weber, qui s’est converti tardivement à l’environnementalisme lors d’une interview avec Euractiv pendant la vague verte de 2019, est devenu l’un des premiers à se détourner de l’environnement. Il s’est efforcé d’affaiblir la loi sur la restauration de la nature en 2023, qui reste à ce jour bloquée par les gouvernements nationaux.

Parmi les petites victoires pour l’environnement, citons des sanctions plus sévères pour les crimes contre l’environnement, la poursuite des travaux visant à faire de l’ écocide une infraction grave à l’échelle mondiale et l’application des règles de l’UE en matière de lutte contre la déforestation dans le monde entier.

Dans l’ensemble, les partis politiques de l’UE peuvent s’enorgueillir d’avoir répondu aux souhaits des électeurs de 2019, même si les électeurs les plus soucieux de la nature ont des raisons d’être consternés.

Une fois que les nouvelles coalitions parlementaires auront été formées, le changement sera inévitable.

Mais comme le souligne M. Delbeke, « La politique climatique de l’UE a atteint un point de non-retour ». L’UE s’est fixé un cap contre vents et marées, et tout changement provoquerait sa perte.


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Pour approfondir


Lactualité en bref

Le gazoduc Berlin-Rome vers l’Afrique du Nord reçoit la bénédiction de Vienne. Lors d’une cérémonie de signature qui s’est tenue à Bruxelles jeudi (30 mai), le « Corridor Centre-Sud » (« SoutH2 Corridor ») soutenu en 2023 par le chancelier allemand Olaf Scholz et la Première ministre Giorgia Meloni, qui reliera le nord de l’Afrique, riche en soleil, au sud industriel de l’Allemagne, a reçu le feu vert de Vienne.

« Développer le potentiel énergétique propre du continent africain et le relier à l’Europe — en promouvant la croissance et la sécurité sur les deux rives de la Méditerranée — est une priorité du gouvernement italien », a déclaré Gilberto Pichetto Fratin, ministre italien de l’Énergie.

Le projet de gazoduc devrait faciliter l’importation de millions de tonnes d’hydrogène, soit 40 % de l’objectif de l’UE pour 2030, même si les gazoducs ne seront pas opérationnels d’ici là.

(Nikolaus J. Kurmayer | EURACTIV.com)


Agenda

  • 6-9 JUIN. Élections européennes.
  • 17 JUIN. Conseil « Environnement » (Luxembourg).
  • 27-28 JUIN. Conseil européen.

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