Le gouvernement tchèque se montre prudent sur une mission de maintien de la paix en Ukraine
Les responsables tchèques ont exprimé de fortes réserves quant à la perspective d’un déploiement de troupes tchèques dans le cadre d’une future mission de maintien de la paix en Ukraine.
PRAGUE — Les responsables tchèques ont exprimé de fortes réserves quant à la perspective d’un déploiement de troupes issues de leur pays dans le cadre d’une future mission de maintien de la paix en Ukraine.
La ministre de la Défense Jana Černochová (Parti démocratique civique/ODS, Conservateurs et Réformistes européens) a souligné que les discussions actuelles sur l’implication militaire tchèque étaient « très prématurées ».
« Toute décision concernant notre engagement dépendra des paramètres concrets d’un cessez-le-feu et du niveau d’implication de nos alliés, y compris le soutien des États-Unis », a-t-elle déclaré au site d’information tchèque Deník N, soulignant la nécessité de conditions claires avant toute action.
Le Premier ministre Petr Fiala (ODS, CRE) a renforcé cette approche prudente. « Nous déciderons certainement lorsque les termes de tout accord et les autres paramètres seront clairs. Pour l’instant, le plus important est de négocier une paix juste et durable », a-t-il affirmé.
Le ministre tchèque des Affaires étrangères, Jan Lipavský (indépendant), a également adopté le même discours. En revanche, le ministre tchèque de l’Intérieur, Vít Rakušan (Maires et Indépendants/STAN, Parti populaire européen), s’est montré plus ouvert à l’idée, déclarant que, si une mission de maintien de la paix était mise en place, la République tchèque devrait y participer, car il en va aussi de son intérêt.
Selon le président tchèque Petr Pavel, pour déployer des troupes de maintien de la paix ou de stabilisation quelque part, il faut un mandat clair et compréhensible. « Il doit y avoir le consentement des deux parties. C’est-à-dire l’Ukraine et la Russie. Nous avons déjà traité cette question en 2014 après l’annexion de la Crimée et, même alors, la Russie n’était pas d’accord. »
De leur côté, les partis d’opposition ANO (Patriotes pour l’Europe) et Liberté et démocratie directe (Europe des Nations souveraines) se sont fermement opposés à l’idée d’envoyer des troupes tchèques à l’étranger, se démarquant ainsi nettement de l’approche prudente du gouvernement.