Le gouvernement portugais vacille
Deux ministres ont démissionné en moins de 24 heures. L'un suivait une ligne budgétaire orthodoxe, l'autre plaidait pour un assouplissement des mesures d'austérité.
Deux ministres ont démissionné en moins de 24 heures. L’un suivait une ligne budgétaire orthodoxe, l’autre plaidait pour un assouplissement des mesures d’austérité.
La coalition tenue par Pedro Passos Coelho (centre-droit) ne tient plus qu’à un fil. Le même jour, deux ministres investis de portefeuilles importants ont jeté l’éponge.
Entré au gouvernement en 2011, le ministre des Finances Vitor Gaspar a remis sa démission, mardi 2 juillet, après avoir essuyé des critiques sur le bien-fondé de sa politique d’austérité, conséquence du programme de 78 milliards d’euros accordés au pays par l’UE et le FMI. Le Portugal entre dans sa troisième année de récession et le chômage risque d’atteindre 18% cette année, un record pour le pays.
Appelée à remplacer M.Gaspar, Maria Luis Albuquerque est considérée comme un clone politique fidèle à une ligne budgétaire très orthodoxe. Ce qui a provoqué, dans la foulée, la démission de Paulo Portas, ministre des Affaires étrangères, en désaccord avec la ligne économique suivie par le gouvernement. Celui-ci dépasserait les limites de l’acceptable en termes de hausses d’impôt.
Sans l’appui du parti de M. Portas, le gouvernement de Pedro Passos Coelho risque de connaître des heures difficiles au Parlement. Des économies supplémentaires de 4,7 milliards doivent être réalisées d’ici fin 2014. La troïka, formée par la BCE, le FMI et la Commission européenne, doit revenir sur place le 15 juillet.
La tourmente que traverse le pays rejaillit sur les investisseurs. Le taux d’intérêt des bons à 10 ans du Portugal repart à la hausse. Le 3 juillet, il atteint 6,94%.