L'Italie défend l’expulsion d’un présumé criminel de guerre libyen visé par un mandat d’arrêt de la CPI
Le gouvernement italien a présenté sa version des faits au sujet de l’expulsion d’Osama Almasri Najim, le criminel de guerre libyen présumé que l’Italie a expulsé malgré un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) délivré à son encontre. L’absence de la Première ministre Giorgia Meloni n’est pas passée inaperçue.
Le gouvernement italien a présenté sa version des faits au sujet de l’expulsion d’Osama Almasri Najim, le criminel de guerre libyen présumé que l’Italie a expulsé malgré un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) délivré à son encontre. L’absence de la Première ministre Giorgia Meloni n’est pas passée inaperçue.
Le ministre de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, et le ministre de la Justice, Carlo Nordio, ont détaillé à la chambre basse du parlement l’arrestation et l’expulsion d’Osama Almasri Najim, sous le coup d’un mandat d’arrêt de la CPI pour crimes contre l’humanité. La séance s’est tenue dans une atmosphère houleuse marquée par des photos de tortures en Libye, des attaques contre la CPI et l’absence de la Première ministre, Giorgia Meloni.
Giorgia Meloni, le sous-secrétaire Alfredo Mantovano et les deux ministres de l’Intérieur et de la Justice, font l’objet d’une enquête pour aide et complicité, ainsi que détournement de fonds dans le cadre de cette affaire.
L’absence de la Première ministre a suscité de vives protestations de la part des députés de l’opposition, qui ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Meloni, où es-tu ? » et « Meloni, patriote en fuite », ainsi que des photos de victimes de tortures en Libye.
Carlo Nordio a reconstitué les événements et a attribué l’incident à une prétendue erreur de communication bureaucratique. Selon le ministre, le rapport de la préfecture de police concernant l’arrestation d’Osama Almasri Najim est parvenu au ministère de l’Intérieur alors que l’arrestation avait déjà eu lieu, sans que la demande d’extradition de la CPI n’ait été envoyée à l’avance.
Il a également critiqué Interpol, l’accusant d’avoir envoyé une « notification absolument informelle, dépourvue d’éléments d’identification et du mandat correspondant ou de sa justification. Même la demande d’extradition n’était pas jointe ».
Carlo Nordio s’en est également pris directement à la CPI, estimant que le mandat d’arrêt visant Osama Almasri Najim était entaché d’irrégularités en raison de « l’incertitude absolue quant à la date des crimes présumés », des incohérences dans ses conclusions et du fait qu’il a été « délivré en anglais, sans traduction, et accompagné de diverses pièces jointes en arabe ».
Il a rejeté la demande initiale de la CPI en la qualifiant de « nulle et non avenue », affirmant que s’il avait demandé au bureau du procureur général de lui remettre les documents, « dans les cinq jours, la Cour pénale internationale elle-même les aurait déclarés nuls et non avenus ».
Il s’en est ensuite pris au pouvoir judiciaire national, accusant « une certaine faction du pouvoir judiciaire » de critiquer les actions du gouvernement « sans même avoir lu les dossiers » et qualifiant son comportement de « bâclé ». Ses commentaires ont encore enflammé une relation déjà tendue entre l’exécutif et le judiciaire.
Le ministre de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, a rejeté toute suggestion de pression ou de coercition de la part du gouvernement pour obtenir la libération d’Osama Almasri Najim. Il a défendu la décision en citant « le haut niveau de dangerosité de l’individu » et « la nécessité d’assurer la sécurité nationale et de maintenir l’ordre public ».
L’opposition a également vivement condamné la manière dont le gouvernement a traité l’affaire.
Elly Schlein, secrétaire du parti démocrate, a accusé Carlo Nordio de s’exprimer « non pas en tant que ministre, mais en tant qu’avocat de la défense d’un tortionnaire ».
Riccardo Magi, secrétaire du parti +Europa, a exigé une enquête parlementaire sur les accords de l’Italie avec la Libye, tandis que le sénateur Matteo Renzi a déclaré que Giorgia Meloni « ne peut plus parler des migrants et des trafiquants », car « elle avait le patron de tous les patrons, le criminel numéro un » qui « a torturé, tué et violé des enfants » et « malgré tout, elle l’a laissé partir ».