Le gouvernement détaille les investissements supplémentaires pour l’action climatique en 2024
Elisabeth Borne a dévoilé mardi (19 septembre) le détail des secteurs de l’énergie, de l’environnement et du climat qui bénéficieront des 7 milliards d’euros supplémentaires en 2024.
Elisabeth Borne a dévoilé mardi (19 septembre) le détail des secteurs de l’énergie, de l’environnement et du climat qui bénéficieront des 7 milliards d’euros supplémentaires en 2024.
« Faire en 7 ans plus que ce que nous avons fait en 33 ans », telle est l’ambition affichée par la Première ministre Elisabeth Borne, mardi (19 septembre), lors d’un évènement organisé à Matignon réunissant les membres du Conseil national de la refondation (CNR).
Pour y parvenir, Mme Borne annonçait en juillet dernier dans Le Parisien un investissement supplémentaire de 7 milliards d’euros dans la transition énergétique et écologique en 2024, par rapport à 2023.
En tout, ce seront 10 milliards d’euros supplémentaires, puisque 3 milliards seront destinés à des projets pluriannuels, peut-on lire dans le communiqué de presse diffusé après la réunion.
Ces montants s’ajoutent aux budgets déjà alloués à l’action climatique, dont la somme sera explicitée dans le projet de loi de finance présenté le 27 septembre prochain en conseil des ministres, avant d’être débattu au Parlement à l’automne.
Dans le détail, 2,3 milliards d’euros supplémentaires iront vers les domaines des ressources naturelles et de l’agriculture, dont 500 millions d’euros rien que pour les actions en faveur de la préservation des forêts et le reboisement.
2,6 milliards euros iront vers la rénovation des bâtiments, dont 1,6 milliard supplémentaires pour l’accompagnement du bâti résidentiel. En tout, 5 milliards d’euros seront engagés dans le domaine en 2024.
1,8 milliard d’euros supplémentaires aideront au développement des énergies décarbonées et 1,6 milliard d’euros pour la mobilité (dont 1,4 milliard d’euros pour les infrastructures).
1,8 milliard d’euros sont destinés à l’industrie. 800 millions d’euros pour accompagner les collectivités territoriales dans la transition.
Selon Antoine Peillon, conseiller en charge de la planification écologique au sein des services de la Première ministre, ces financements à venir sont « très cohérents avec le rapport Pisani-Ferry — Mahfouz » dévoilé mi-mai. Le rapport estime que l’action climatique devra mobiliser environ 33 milliards d’euros d’argent public chaque année dès 2030.
La planification à venir
Ces montants entrent dans le cadre de la planification écologique du gouvernement français en constitution depuis plusieurs mois et qui se faisait attendre.
Cette planification vise à dégager les objectifs et les moyens nécessaires pour atteindre l’objectif européen de réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’UE de 55 % d’ici à 2030 par rapport à 1990.
Selon Elisabeth Borne, le plan sera « global » et « collectif » favorable au « développement économique et de [la] souveraineté » et « soutenable pour chacun ». En somme, un plan « équilibré », qui, selon elle, ferait la part belle tant aux technologies qu’à la sobriété.
Lundi (18 septembre), la Première ministre réunissait les chefs de parti politique pour expliquer sa stratégie. L’objectif étant de convaincre l’opposition, car les objectifs définis devront se fondre en partie dans la loi de programmation énergie et climat (LPEC) qui sera débattue au Parlement dans les mois à venir.
Hormis ceux de La France insoumise (LFI — gauche radicale), tous les chefs de parti ont répondu favorablement à l’invitation.
« Je salue le travail des équipes de l’État parce que c’est un constat très complet, très lucide et assez inédit. Mais la planification, les réunions ne servent à rien s’il n’y a pas d’actions», a déclaré Marine Tondelier, leader d’Europe Écologie — Les Verts, au sortir de la réunion.
De nouvelles mesures sont attendues dans les prochains jours, en même temps qu’une prise de parole du président de la République, Emmanuel Macron.