Le gouvernement allemand prend de nouvelles mesures pour réduire de 2% la consommation de gaz

Confronté à une éventuelle pénurie de gaz, le gouvernement allemand a approuvé un plan d’économie énergétique visant à réduire la consommation gazière nationale d’environ 2% en diminuant le chauffage dans les bâtiments publics et en éteignant les lumières la nuit.

EURACTIV.com
German federal government’s wee?kly cabinet meeting
Le ministre allemand de l’Économie et de l’Action climatique, Robert Habeck, après la réunion hebdomadaire du cabinet du gouvernement fédéral allemand à Berlin, le 24 août 2022. [[EPA-EFE/FILIP SINGER]]

Confronté à une éventuelle pénurie de gaz, le gouvernement allemand a approuvé un plan d’économie énergétique visant à réduire la consommation gazière nationale d’environ 2 % en diminuant le chauffage dans les bâtiments publics et en éteignant les lumières la nuit.

Bien que les réserves de gaz de l’Allemagne soient pleines à environ 80 %, des signes inquiétants, comme l’arrêt pendant trois jours du gazoduc balte Nord Stream 1, indiquent que le pays doit réduire considérablement sa demande en gaz pour passer sereinement l’hiver.

« Il est également essentiel d’économiser beaucoup plus de gaz : dans l’administration publique, dans les entreprises, dans le plus grand nombre possible de ménages privés », a déclaré ce mercredi (24 août) le ministre allemand de l’Économie et du Climat, Robert Habeck.

« Les ordonnances adoptées aujourd’hui par le Conseil des ministres y contribuent largement », a-t-il poursuivi. La coalition gouvernementale allemande a adopté un ensemble de mesures à court et moyen terme.

M. Habeck a confié aux journalistes que ces mesures représentaient environ 2 à 2,5 % d’économies de gaz. L’Allemagne est tenue d’économiser environ 15 %, conformément aux règles de l’UE, mais le gouvernement estime qu’il faut plutôt réduire de 20 % la consommation de gaz pour passer l’hiver prochain sans pénurie de gaz.

Les mesures à court terme doivent entrer en vigueur le 1er septembre et elles dureront six mois, tandis que les mesures à moyen terme, qui devraient quant à elles durer deux ans, doivent être approuvées par la chambre haute du Parlement, le Bundesrat, et sont planifiées pour le 1er octobre.

Douche froide pour les fonctionnaires

Ces mesures se feront sentir dans les bureaux. Par exemple, l’eau des robinets des bâtiments publics sera dorénavant froide. Les bureaux publics ne pourront être chauffés qu’à 19 °C au lieu des 20 °C habituels, tandis que les couloirs et les foyers ne seront quant à eux plus chauffés du tout.

Dans les bureaux privés, la température maximale de chauffage sera également de 19 °C. Nénamoins, rien de coercitif pour le moment : les entreprises sont libres de donner suite à cet assouplissement ou non.

En parallèle, les rues s’assombriront à l’automne. L’extérieur des bâtiments et monuments publics ne sera plus éclairé et les enseignes lumineuses des entreprises privées seront éteintes de 22 heures à 6 heures du matin. En hiver, les portes des commerces devront rester fermées pour éviter que l’air chaud ne s’échappe.

Côté particuliers, les locataires ne seront plus obligés de respecter les températures maximales contractuelles dans leurs appartements en hiver, ce qui leur laisse une certaine marge de manœuvre, explique le gouvernement allemand.

Les piscines privées ne pourront plus être chauffées, mais il est toutefois peu probable que cette règle soit réellement appliquée ou contrôlée.

Les grossistes en gaz et les propriétaires de grands immeubles résidentiels seront tenus d’informer leurs clients et leurs locataires de leur consommation d’énergie prévue, des coûts associés et des économies potentielles avant le début de la prochaine saison de chauffage.

Ces mesures ont d’ailleurs été bien accueillies par les associations professionnelles.

« Le DMB [Deutscher Mittelstands-Bund, qui est l’association allemande des petites et moyennes entreprises] considère que les réglementations et les mesures d’accompagnement pour les PME et également pour tous les autres secteurs de la société sont bonnes sur le principe », affirme Marc Tenbieg, Directeur exécutif de la DMB, dans des commentaires envoyés par courriel.